autrefois, jadis et naguere



vendredi, septembre 30, 2005

marrant

Paris ce 24 septembre 1976

Monsieur,


Je vous remercie de votre lettre qui ouvre un débat. Je voudrais apporter un élément de réponse à ce qu'il en est, d'après moi du rapport mathématiques/réalité.
Lorsqu'en I8?7 Cantor au contraire de ce que lui et ses collègues pensait, démontra qu'il existait une bijection entre la droite et le plan, appuya sa démonstration d'une figure. I1 "voit" cette bijection. Il écrit à Dedekind, le 29 Juin de cette même année, deux ou trois jours après lui avoir communiqué sa découverte: "ce
que je vous ai communiqué tout récemment est pour moi même si inattendu, si nouveau, que je ne pourrais pour ainsi dire pas arriver à une certaine tranquilité d'esprit avant que je n'aie reçu, très honoré ami, votre jugement sur son exactitude, tant que vous ne m'aurez pas approuvé, je ne puis que dire: je le vois mais je ne le croîs pas".
La question de savoir ce à quoi il ne croit pas, fonde ce qu'il en est de l'illusion. On peut dire que ce qui distingue à la source la magie de la prestidigitation, c'est justement l'illusion. Si on y croit, et il faut y croire dure comme fer, c'est de la magie. Dans le cas contraire, i`l s'agit de manipulation: on sait qu'il y a un truc mais on ne le voit pas. C'est Dedekind qui dévoila à Cantor ce truc en lui écrivant: "Tous les auteurs ont évidemment fait l'hypothèse tacite, tout à fait naturelle, que pour une nouvelle détermination des points d'une multiplicité continue à l'aide de nouvelles coordonées, ces dernières doivent être aussi des fonctions continues".
Cette formule de Cantor: "Je le vois mais je ne le crois pas" me semble bien étrange. En effet, d'habitude, on demande à voir. En ?rance, cette année, une chapelle a été fermée (par son curé) car le jeu du soleil sur les vitraux projetait sur le mur une ombre
que les habitants du village, puis ceux venus des alentours, prenaient pour une apparition de la Sainte Vierge. S'il s'agit la d'une paréidolie collective, remarquons que pour en arriver à cet extrême il faut y croire (en la Sainte Vierge) pour la voir, et que l'adage il faut le voir pour le croire semble quelque peu inadapté.
L'illusion débouche sur la création. Rien n'est simple, puis-que le mathématicien a le pouvoir de créer des entités mathématiques, qui entrent ainsi dans la réalité mathématique, d'ailleurs par le biais d'un symbole.
Ce problème de la création/illusion est éclairé par Winnicott. La question, écrit-il, qu'une mère ne posera jamais à son enfant à propos d'un objet transitionel est: "Cet objet, l'as tu créé, ou bien existait-il déjà?". Et ailleurs: "Il y a un moment d'illusion, un fragment d'expérience qu considérer soit comme sa propre hallucination, chose appartenant à la réalité extérieure."
Il me semble que cette approche du travail mathématique, a quelque niveau, en référence avec les concepts introduits en particulier par Winnicott peut permettre de comprendre et d'expliquer un grand nombre de faits liés aux mathématiques, en particulier de ce qu'il en est des rapports mathématiques/réalté. Le problème par exemple du postulat d'Euclide (de sa dépendance par rap aux autres,. axiomes) venait que dans la réalité physique ça se voit donc on y croit.
A mon sens il faut considérer l'activité mathématique comme une aire de jeu se situant entre la réalité extérieure ob ectivement perçue et les "extensions du moi", c'est à dire les objets subjectifs.
Envous remerciant, je vous prie de croire Monsieur à mes meilleurs sentiments.

Le livre noir de la pasychanalyse.

"A QUI S'ADRESSE " SCILICET " ?

Scilicet : tu peux savoir, tel est le sens de ce titre. Tu peux savoir maintenant, que j'ai échoué dans un enseignement qui ne s'est adressé douze ans qu'à des psychanalystes, et qui de leur fait, depuis quatre ans, a rencontré ce à quoi, en décembre 1967 à l'École Normale Supérieure où je parle, j'ai fait hommage comme au nombre.
Dans l'un et l'autre de ces temps, j'ai échoué à rompre le mauvais charme qui s'exerce de l'ordre en vigueur dans les Sociétés psychanalytiques existantes, sur la pratique de la psychanalyse et sur sa production théorique, l'une de l'autre solidaires.
Cette revue est l'un des moyens dont j'attends de surmonter dans mon École, qui se distingue en son principe desdites Sociétés, l'obstacle qui m'a résiné ailleurs.
Scilicet : tu peux savoir ce qu'il en adviendra maintenant.
A qui ce tu s'adresse-t-il pourtant ? N'es-tu rien que l'en-jeu à situer dans un temps qui ne se dessine qu'à être l'origine d'une partie à quoi il n'aura manqué que d'être jouée ? Ce temps n'est rien, mais il te fait doublement perdue, Eurydice, toi qui subsistes comme enjeu.
Je dis que la psychanalyse ne joue pas le jeu avec toi, qu'elle ne prend pas en charge ce dont pourtant auprès de toi elle se réclame. C'est de ceci : que l'être qui pense (à ceci près qu'il l'est en tant qu'il ne le sait pas), que cet être, dis-je, n'est pas sans se penser comme question de son sexe : sexe
dont il fait bien partie de par son être puisqu'il s'y pose comme question.
Que ces effets soient maintenant irrépudiables, de ce que de leur révélation soit apparu le trait sauvage des expédients dont on y pare, qu'il soit probable que la sauvagerie s'en accroisse chaque jour à mesure du reniement de cette révélation, voilà ce dont la psychanalyse est directement responsable de faire défaut à dénoncer le défaut qui est au départ.
C'est ce qu'elle fait en le reportant au ratage d'un bien-être oral. Déviation à servir d'exemple pour le statut de l'idéologie, quand on sait de source observée la place de la digestion dans la morale professionnelle du psychanalyste.
Tu que je cherche, sache bien que j'ai ma part de rigolade.
C'est pourquoi je décide de t'appeler : bachelier, pour te rappeler ta place dans cet empire du pédantisme, devenu assez prévalent pour que ta chute même en ce monde ne te promette à rien de plus qu'à l'égout de la culture. N'espère pas y échapper, même à t'inscrire au Parti.
C'est ainsi que je suis moi-même alloué au baquet dit structuraliste et qu'un des plus distingués de mes tenants, m'a averti : " Vous êtes maintenant au niveau du bachelier " (autrement dit : il veut du Lacan).
Il reste ceci de préservé que ton nom cache bachelor. Du moins sache que je l'y suppose, n'étant pas de ces cuistres à qui le mot : franglais puisse évoquer autre chose que la langue anglaise elle-même : bachelor, c'est-à-dire pas encore marié.
De ce fait tu n'es pas obligé de soutenir de la révérence due aux mérites d'une personne, l'inconsidéré d'un parti pris dans la question en cause.
Maintenant laisse-moi te présenter : Scilicet."


Mais qui veut savoir ?

Leurre état, allah lie.

mercredi, septembre 14, 2005

Mauvaise analyse !

Le 7/07 j'écrivais Free avec SFR. Ben non:

PARIS (Dow Jones)--Iliad (403591.FR), maison-mère du fournisseur d'accès Free, gagne 5,9% à EUR42,41 sur des rumeurs de rachat par Bouygues (12050.FR), affirme un opérateur. Ces rumeurs sont apparues à la suite de l'annonce par Bouygues mercredi matin, lors d'une réunion d'analystes suivant l'annonce de ses résultats semestriels, que le groupe a l'intention de se lancer dans la téléphonie fixe. "Les gens spéculent sur le fait que Iliad serait une cible idéale pour Bouygues sur ce dossier", note l'opérateur. Bouygues et Iliad n'étaient pas immédiatement disponibles pour un commentaire. Bouygues perd 0,8% à EUR36,42. (AUS)

Lol.

dimanche, septembre 11, 2005

Haine, phobie ...

Sur http://www.bibliotheque.refer.org/litoi/2-4.htm je lisais que:

"Octave Mannoni, devenu par la suite psychanalyste lacanien, a été professeur de philosophie au lycée Galliéni de Tananarive, immédiatement avant la guerre, et, après 1945, chef du service d'information de Madagascar.À ce titre, il a été responsable de la Revue de Madagascar, organe de la propagande officielle du Gouvernement Général, dont il a orienté les pages littéraires, pour leur faire refléter la riche tradition littéraire malgache. En 1950, il publie un essai, Psychologie de la colonisation, appuyé sur des exemples tirés des récents et terribles " événements " malgaches de 1947. Le livre a été vivement pris à partie par Aimé Césaire (dans le Discours sur le colonialisme) et par Franz Fanon (dans Les Damnés de la terre). Mannoni s'y interrogeait sur la violence à l'œuvre dans la colonisation : si, d'un côté, le colonial européen est souvent quelqu'un qui n'arrive pas à affronter ses pairs et qui choisit de s'imposer à des colonisés que son racisme transforme en inférieurs (Mannoni propose cette formule très forte : Le Nègre [avec toutes les connotations que le mot pouvait prendre dans le contexte colonial], c'est la peur que le Blanc a de lui-même), d'autre part, le colonisé va parfois au devant de la domination, comme s'il attendait, espérait, dans un désir messianique, ceux qui viendront le prendre en charge (Mannoni pense à une structure psychologique telle que celle induite par le tsinyet le todydes Malgaches, mais aussi à l'attitude des Indiens du Mexique devant Cortès). L'analyse de Mannoni ne pouvait qu'être mal reçue quand le feu prenait à tous les horizons de l'Empire colonial français et que la revendication de l'indépendance absolue était partout à l'ordre du jour.Mais aujourd'hui qu'on n'en finit pas de sortir de l'époque post-coloniale, le livre de Mannoni (il a été réédité en 1984, sous un titre faisant heureusement référence à La Tempêtede Shakespeare) ouvre peut-être quelques pistes pour penser les affrontements de cultures.

Avant de devenir le penseur controversé de la colonisation, Mannoni avait donné aux revues malgaches quelques poèmes solidement versifiés (où l'on peut entendre parfois comme un lointain écho de Saint-John Perse)"

Après la guerre il a été rappelé d'urgence en France pour avoir osé suggérer d'accorder l'indépendance à Madagascar, mais le reste me semble exact.

Cela ma fait songer aux mots comme racisme, antisémitisme, agisme, homophobie, qui me smeblent etylémogiquement bizarre.

Le semitisme, c'est adhérer a la théorie d'un peuple sémite, dont les juifs et les arabes font partie. C'est bien le sens du suffixe isme en français, non ?

Homophobie est le sommet. (Evidemment c'est lié avec le Nègre c'est la peur que ...).

On a μισέο qui est haïr l'opposé de φιλέο aimer. On utilise bien filéo, philatélie.

On utilise aussi misséo: misogyne.Mais dans un sens qui est qui n'aime pas, pas qui haît.

La haîne et la peur.

Faut creuser.

dimanche, septembre 04, 2005

Wikipedia.

Permettez quelques réflexions sur Wikipedia, qui est à mon sens un bon exemple d'où mènent trop souvent les bonnes intentions, l'enfer en est pavé.

1°) Contrairement au plus connu, populaire, complexe et utilisé des logiciels libres, Linux le fait qu'il n'y ait pas de coordinateur (Linus Torvalds pour Linux) qui donne le "OK" final à la sortie diffusion d'un noyau (kernel), ou d'équipes de projets qui avalisent les diffusions de nouvelles versions comme pour Apache ou sendmail montre,
démontre, l'utilité de cette démarche de validation de la diffusion.

En ce sens dire que Wikipedia est l'exemple suprême du libre appliqué au domaine de la connaissance, mon Dieu, ce serait un peu comme dire, oui je force le trait ce qui n'est pas du tout dans mes habitudes, que l'anarchie est le modèle ultimede la démocratie.

Il est vrai qu'au train ou vont les choses je finis par me demander si l'on n'a pas atteint les limites du modèle, la phrase du président Iranien "nous n'avons tout de même pas fait la révolution pour avoir la démocratie" pour provoquante qu'elle ait pu apparaître doit pousser à la réflexion, qui est assez éclairée si l'on se réfère au façonnage politique du proche et du moyen orient dans la période 1910 1945. Je pense que T.E. Lawrence et Louis Massignon (qui avaient des visions co traires) avaient devinés ce qui allait se passer par la suite.
(Voir, par exemple Louis Massignon, Le Cheik admirable, aux éditions le capucin pour la seconde édition, ou Massigon chez Plon pour la première édition, de Christian Destremau et Jean Moncelon, et Lawrence en Arabie d'Henri Laurens chez découvertes Gallimard). (Le pétrole, encore et toujours. Les dramatiques évènements liés au cyclone Katrina montrent aussi la fragilité de la mondialisation, une désorganisation de la production du pétrole a d'énormes conséquences. Mais rassurons nous la calotte glaciaire fondant, de nouveaux champs pétrolifères vont pouvoir être mis en exploitation, ce qui va nous permettre d'accélérer un peu plus le réchauffement de la planète, donc de la disparition de la calotte glaciaire et on boucle. )

Nous savons tous que l'importance et le prestige des revues scientifiques tient à leurs communauté de relecteur, et qu'il est certain domaines d'ailleurs ou l'on pourrait désormais totalement se passer des éditeurs-imprimeurs, en particulier les
mathématiques: les outils de typographie comme TeX/ LateX, l'adoption d'Unicode par Windows XP, les polices libres de droit, n'en font pas une utopie. D'ailleurs sur ce point, voir que les cahiers de Srinivasa Ramanujan, décédé en 1920, donc tombés dans le domaine public sont vendus 100 € chaque par un éditeur scientifique monopolistique bien connu me fait mal au coeur, il s'agit de trésor de l'humanité et une mise en page accompagnée de quelques notes semblent en prolonger la propriété, les scannerai-je donc et les mettrai-je sur internet me rendrait vraisemblablement coupable aux yeux de la PLI/PLA etde la protection du droit d'auteur.

En passant la notice nécrologique sur Ramanujan parue dans les annales de la société mathématique britannique est disponible sur gallica: http://gallica.bnf.fr/document?O=N056192 (Proceedings of the Royal Society, 1921, 99, p. XII-XXIX.).

Donc Wikipedia modèle du libre, non. Modèle des limites et dangers des bons sentiments, oui.

2°) J'ai consulté Wikipedia pour me re-faire une idée sur quatre sujets que je connais un peu.

Hépatite C: deux erreurs majeurs (utilisation des préservatifs, réversibilité des effets secondaires dus au traitement à l'arrêt de celui ci). Ce n'est pas ce que disent les désormais assez nombreuses conférences mondiales de consensus sur le sujet.

(D'autres erreurs confusion entre la phase chronique et la phase aiguë, et al).

Plus grave à mon sens dans la démarche, il y a deux liens externes qui ont le mérite de préciser la date de publication, mais soit on fait une démarche de mettre une bibliographie (ce qui est tout de même un minimum dans un article de vulgarisation scientifique), elle ne peut être exhaustive, mais ne peut se résumer à deux liens !
Par exemple les conférences de consensus sont en ligne, datés.

Biographie d'Octave Mannoni. S'il est bien fait référence à son livre "psychologie de la colonisation" la controverse et les critiques de sa position faites par Aimé Césaire et Frantz Fanon sont tout simplement passés sous silence.

Cela n'a aucune importance sauf à laisser penser que sa position fut favorablement accueillie comme une avancée majeure de la compréhension du phénomène d'un point de vue psycho-ethno-machin logique.

Biographie de Maud Mannoni: L'Ecole de Bonneuil n'a jamais été fondée avec son mari.

L'article sur Jung passe sous silence la période 1933-1937 ou il fut à la tête de la société de psychanalyse allemande, et sa phrase: "nous exigeons de tous nos membres qu'ils aient scientifiquement lu "Mein Kampf"
et l'accepte comme base."

(Dans Linguing Shadows, Shambreal, Boston & London, 1991

il est précisé que la phrase:

"the society expects all members who work as writers or speakers to work through Afolf Hitler's Mein Kampf with all scientific efforts and accept it as a basis" est bien parue dans l'édition INTERNATIONALE de la société dont Jung avait la présidence, dans son édition de décembre 1933.

Sur l'anti-sémitisme de Jung, le onzième congrès international des psy Jungiens (IAAP) qui a eu lieu à Paris en 1989, conclut:

There was general acceptance that his (Jung) behavior was anti-semitic. I think it is clear it has taken Jungians collectively fifty years to begin the process in earnest. Jérome S Bernstein, juif psy jungien.

Ils appellent l'Ecole Jungienne de Zurich à un devoir de mémoire.

Bon, pis Jung n'aimait pas non plus les cathos, dans les archives de la bibliothèque de médecine de Countway à la faculté de médecine de Harvard, on trouve des entretiens avec Jolande Jacobi dans la revue ABJ (archives biographiques de Jung du 23 décembre 1989): "Jung m'adressa une lettre furieuse en apprenant ma décision de me
convertir au catholicisme. Personne n'a sa place auprès de moi qui est dans l'Eglise. Vous y avez votre confesseur. Je suis pour les gens qui sont hors de l'Eglise."

Je me suis arrêté la.

Donc a mon sens Wikipedia est à l'image de l'internet, on y trouve tout et n'importe quoi.

On y trouve la possibilité de ré-écrire l'histoire, de ne véhiculer que l'histoire officielle, etc.

Si l'étymologie vient du grec (ἑγκύκλιος παιαδεία) pour ensemble constituant une éducation complète, on ne peut vraiment pas dire qu'en ce sens ce soit une encyclopédie, sauf à re-considérer l'éducation comme un formatage de temps
de cerveau disponible.

Tout cela est assez rassurant: on ne peut pas encore se passer de comité de rédaction, de ligne éditoriale, de validation scientifique. De la même manière que la recherche "plein texte" à part apporter plein de bruit n'a pas de sens pour une bibliothèque raisonnée (et pas un amas de livres).

Et ce n'est pas l'idée (qui la encore part d'une bonne intention) du Web Sémantique de Tim Berners-Lee (voir http://www.urfist.cict.fr/lettres/lettre28/lettre28-22.html) qui va arranger les choses.

Voilà ce que c'est de se réveiller tôt un dimanche, on a des humeurs ...

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