tag:blogger.com,1999:blog-71316832008-02-03T17:54:44.319+01:00Autrefois jadis et naguère.not dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comBlogger88125tag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-61053226192981419282008-02-03T17:53:00.000+01:002008-02-03T17:54:44.366+01:00GerpilLes heures que j'ai passées à me finir au Gerpil<br />Avec des filles de rien que j'appelais Monsieur<br />Qui faisaient vibrer pour moi leurs miches et leurs faux-cils<br />Pour m'envoyer le soir un peu de poudre aux yeux<br />C'était des heure perdues que je gagnais quand même<br />J'y perdais l'équilibre et parfois la raison<br />Aux dernières années de ma vie de Bohême<br />Avec des enfants de choeur qui sortaient de prison<br /> <br />C'est une maladie comme on dit de jeunesse<br />Je suis un vieux gamin assez mal conservé<br />J'ai toujours adoré les chemins de traverse<br />Qui vont du Sacré-Coeur aux quartiers réservés<br />Je ne demande rien aux gens que je fréquente<br />Qu'ils soient flics ou curés, à vrai dire je m'en fous<br />Des mâles à toute épreuve égarés chez les tantes<br />Pour prendre un peu leur pied ou pour se faire des sous<br /> <br />C'est peut-être au Gerpil à l'heure du délire<br />A l'heure où l'on zigzague en croyant marcher droit<br />Que j'ai vu mélanger le meilleur et le pire<br />Et la droite et la gauche et l'envers et l'endroit<br />Et mourir quelquefois, un peu comme on rigole<br />Spectacles étonnants qui ne m'ont rien appris<br />Pourtant ce fut pour moi une excellente école<br />Car ce qui ne vaut rien n'a jamais eu de prix.<br /> <br />Paroles:<br /> <br /><a href="http://dimey.online.fr/disco.php" target="_blank" class="cLink">http://dimey.online.fr/disco.php</a>not dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-2759642536001802642007-02-05T10:47:00.000+01:002007-02-05T10:48:11.109+01:00repenser l'identité"On peut le regretter, mais il n'en est pas moins vrai que nous avons appris à désirer à l'intérieur des normes hétérosexuelles et des structures sexistes que nous ne pouvons plus trouver naturelles, ni exhaustives de toutes nos possibilités d'identification. Puisque la déconstruction de cette identité imposée n'effacera pas l'habitude du désir, il serait peut-être plus profitable de mettre à l'épreuve la résistance à l'identité depuis l'intérieur du désir tel que nous l'avons appris. Si on peut douter que le désir entre des hommes, ou entre des femmes, soit un désir pour « le même », il est également vrai que, puisque nous avons été formés au désir en étant imprégnés de cette idée, l'homosexualité peut devenir un modèle privilégié de rapport au même. Ce modèle rend manifeste non les limitations mais la valeur inestimable des relations de similitude, ou plus exactement de l'homo-relationnalité. Le désir gay recèle peut-être une inaptitude révolutionnaire à la socialité hétéroïsée — c'est-à-dire bien sûr à la socialité telle que nous la connaissons. La conséquence politique la plus radicale de l'homoïté que je propose d'explorer dans le désir gay est une redéfinition si fondamentale de la socialité qu'elle pourrait exiger, au moins provisoirement, de renoncer à la relationnalité elle-même.<br />C'est ce projet difficile que nous hasarderons dans le quatrième chapitre avec Gide, Proust et Genet. Il ne faut pas comprendre cette entreprise littéraire comme un appendice divertissant aux arguments avancés dans le reste du livre, mais au contraire comme une contribution essentielle. Ces écrivains — contrairement aux théoriciens gays et lesbiens actuels — sont attirés par les tendances anticommunautaristes qu'ils découvrent dans le désir homosexuel. Pour eux, l'altérité peut être conçue comme offrant une série de relais pour un processus d'extension de soi. Aussi éloignés que possible de nos propres débats théoriques, L'Immoraliste, Sodome et Gomorrhe et Pompes funèbres y contribuent pourtant de façon cruciale : ils démontrent en effet comment le désir pour le même peut nous libérer de la psychologie oppressive qui conçoit le désir comme manque et fonde la socialité sur le trauma et la castration. Une nouvelle réflexion sur l'homoïté pourrait nous amener à une dévalorisation salutaire de la différence — ou, plus exacte-ment, à concevoir la différence non comme un traumatisme qui<br />doit être surmonté (conception qui entretient, entre autres choses, l'antagonisme entre les sexes), mais comme un supplément inoffensif au même."<br /><br />Léo Bersani , Homos, repenser l'identité, Odile Jacobnot dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-53614714390422385022007-02-04T10:00:00.000+01:002007-02-04T10:01:02.713+01:00Repnser l'identité"L'homophobie est loin d'être morte aux États-Unis. Du moins a-t-elle de plus en plus mauvaise conscience. Et ce, malgré le fait qu'elle pourrait sembler sinon encouragée, du moins tolérée dans la plupart des États américains par l'absence de toute législation interdisant la discrimination sur la base de l'orientation sexuelle dans des domaines tels que l'emploi et le logement. En France, en revanche, alors que cette forme de discrimination est formellement interdite par la loi, l'homophobie, à en juger par la panique déclenchée récemment par la perspective de la reconnaissance juridique du couple gay, semble se porter à merveille. Cet apparent paradoxe s'explique facilement : la législation « prouve » que la France n'est pas un pays homophobe, ce qui permet aux arguments homophobes contre le mariage gay de se présenter comme reposant sur d'autres considérations ou impératifs, d'un ordre plus « élevé ». De telles unions représenteraient une menace pour l'ordre social, sans parler de l'ordre naturel dont ces arguments présupposent toujours la fragile mais indisputable hétérosexualité. Il est ainsi tout à fait possible de défendre les droits civiques des homosexuels (à l'exception du droit au mariage...) tout en nourrissant la conviction plus ou moins avouée que l'homosexualité est contre nature'. Ce serait par pure générosité que la société majoritaire octroierait aux gays et lesbiennes quelques-uns des droits dont jouissent la plupart des citoyens — la sélection de ces droits revenant donc tout naturellement à la majorité elle-même. Il y aurait ainsi des citoyens à part entière et des citoyens défectueux — avec ce paradoxe étrange que l'un des arguments opposés à la formation d'une identité minoritaire par les homosexuels (pour ne parler que de cette minorité-là) est précisément que de telles formations s'opposent à la primauté et à l'autorité de l'identité qu'ont en commun tous les Français : celle de citoyens de la République. A la différence de toutes les autres sociétés déchirées par la haine entre des groupes dont chacun défend férocement sa particularité, la France offrirait le modèle heureux d'une société universaliste où la reconnaissance d'une identité commune à tous les citoyens garantirait à chacun ses droits. Quelle perversité, alors, de la part des homosexuels de vouloir chercher une identité gay ou queer, eux qui, contrairement aux minorités raciales et ethniques, n'ont pas à souffrir d'un lourd passé identitaire ne sont « particuliers » que par un simple goût sexuel, et qui, ne serait-ce que grâce à la persécution qui les a toujours poussés à se dissimuler le mieux possible parmi ceux qui ne partagent pas ce goût, pourraient si facilement passer pour des citoyens normaux !<br />L'un des grands mérites des études queer est de proposer des analyses historiques permettant de mettre en évidence la confusion et la mauvaise foi qui règnent dans les polémiques actuelles, non seulement à propos de la reconnaissance juridique du couple gay, mais aussi et surtout contre la recherche d'une identité gay. Inspirés par les travaux de Foucault sur l'histoire de la sexualité (travaux dont la résonance a été beaucoup plus profonde aux États-Unis qu'en France), les historiens américains ont insisté sur le statut conceptuel de l'homosexuel. L'acte sexuel entre deux hommes (ou deux femmes) n'est pas un phénomène moderne ; ce qui est moderne, selon ces analyses, c'est l'invention de l'homosexuel comme type psychologique. Cette reconfiguration de certaines préférences érotiques en un type de caractère — en une sorte d'essence à détermination érotique — est, comme Foucault l'a établi de manière convaincante, un projet foncièrement disciplinaire. Loin d'être ce que des cohortes de commentateurs français ont dénoncé comme une menace antidémocratique au sein d'un universalisme foncièrement démocratique, l'identité homosexuelle est en fait une création hétérosexuelle. Elle constitue un des maillons importants dans une stratégie plus générale de classification visant à rendre totalement intelligibles, et par là susceptibles de manipulation, les activités érotiques des corps humains. Ce n'est donc pas l'existence d'une identité gay qui dérange ses critiques, mais d'une identité gay définie par les gays eux-mêmes, et dans leurs propres termes."<br /><br />Léo Bersani, Homos, repenser l'identité, Odile Jacobnot dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-13486142239820960872007-01-27T17:25:00.000+01:002007-01-27T17:26:42.516+01:00Corydon— J'avoue que je prends quelques précautions oratoires. Avant d'aborder la question, je cite Pascal et Montaigne.<br />— Qu'ont-ils bien à voir là-dedans?<br />— Tenez : ce sont deux phrases que je veux épingler en épigraphe; il me semble qu'elles posent la discussion sur un bon pied.<br />— Voyons ces citations.<br />— Vous connaissez celle de Pascal : J'ai grand-peur que cette nature ne soit elle-même qu'une première coutume, comme la coutume est une seconde nature.<br />En effet, j'ai dû voir cela.<br />Je souligne le « j'ai grand-peur ».<br />Parce que?<br />Il me plaît qu'il soit effrayé. Je m'assure qu'il y a de quoi.<br />— Et voyons le Montaigne.<br />— Les lois de la conscience, que nous disons naître de la nature, naissent de la coutume.<br />— Je sais que vous avez de la lecture. On trouve ce qu'on veut, dans une bibliothèque bien faite, en cherchant bien. N'importe! pour une ligne échappée à Pascal, et que vous interprétez comme il vous plaît, vous avez beau front de vous abriter derrière lui!<br />— Croyez que je n'avais que l'embarras du choix. J'ai copié de lui d'autres phrases qui montrent que je ne fausse pas sa pensée. Lisez.<br />Il me tendit un feuillet où les mots suivants étaient transcrits :<br />La nature de l'homme est tout nature, omne animal. Il n'y a rien qu'on ne rende naturel. Il n'y a naturel qu'on ne fasse perdre.<br />— Ou si vous préférez :<br />— Il me tendit un autre feuillet, où je lus :<br />Sans doute que la nature n'est pas si uniforme. C'est la coutume qui fait donc cela, car elle contraint la nature; et quelquefois la nature la surmonte, et retient l'homme dans son instinct, malgré toute coutume, bonne ou mauvaise.<br />— Prétendez-vous que l'hétérosexualité soit simple affaire de coutume?<br />— Non point! Mais que nous jugeons selon la coutume en ne tenant pour naturel que l'hétérosexualité.<br />— Pascal serait flatté s'il savait à quelles fins vous le faites servir!<br />— Je ne pense pas dévoyer sa pensée. Il importe de comprendre que, là où vous dites « contre nature », le mot « contre coutume » suffirait. Persuadés de cela nous aborderons la question avec moins de prévention, je l'espère.<br />— Votre citation fait arme à deux tranchants; je la peux rétorquer contre vous : importées d'Asie ou d'Afrique en Europe, et d'Allemagne, d'Angleterre<br />ou d'Italie en France, les coutumes de pédérastie ont pu, de-ci de-là, nous contaminer quelque temps. Dieu merci ! le naturel et bon vieux fonds gaulois a toujours reparu, galant comme il convient, gaillard même au besoin, robuste'.<br />Corydon s'était levé et marcha quelques instants par la chambre sans rien dire. Il reprit enfin :<br />– Cher ami, je vous en supplie, ne faites pas intervenir ici une question de nationalisme. En Afrique où j'ai voyagé, les Européens se sont persuadés que ce vice est admis; l'occasion, la beauté de la race aidant, ils y donnent plus libre cours que dans leur pays d'origine; cela fait que, de leur côté, les musulmans sont convaincus que ces goûts leur viennent d'Europe...<br />– Laissez-moi croire cependant que l'exemple et l'entraînement jouent leur rôle; et les lois de l'imitation...<br />– Ne vous êtes-vous pas avisé qu'elles agissent aussi bien dans l'autre sens? Souvenez-vous du mot profond de La Rochefoucauld : 11 5 a des gens qui n'auraient jamais été amoureux s'ils n'avaient jamais entendu parler de l'amour. – Songez que, dans notre société, dans nos moeurs, tout prédestine un sexe à l'autre; tout enseigne l'hétérosexualité, tout y invite, tout y provoque, théâtre, livre, journal, exemple affiché des aînés, parade des salons, de la rue. Si l'on ne devient pas amoureux avec tout fa, c'est qu'on a été mal élevé, s'écrie plaisamment Dumas fils dans la préface de la Question d'Argent. Quoi! si l'adolescent cède enfin à tant de complicité ambiante, vous ne voulez pas supposer que le conseil ait pu guider son choix, la pression incliner, dans le sens prescrit, son désir! Mais si, malgré conseils, invitations, provocations de toutes sortes, c'est un penchant homosexuel qu'il manifeste, aussitôt vous incriminez telle lecture, telle influence; (et vous raisonnez de même pour un pays entier, pour un peuple); c'est un goût acquis, affirmez-vous; on le lui a appris, c'est sûr; vous n'admettez pas qu'il ait pu l'inventer tout seul.<br />– Je n'admets pas qu'il ait pu l'inventer s'il est sain, précisément parce que je ne reconnais ce goût pour spontané que chez les invertis, les dégénérés ou les malades.<br />– Eh quoi ! voici ce goût, ce penchant, que tout cache et que tout contrarie, qui n'a permission de se montrer ni dans les arts, ni dans les livres, ni dans la vie, qui tombe sous le coup de la loi dès qu'il s'affirme et qu'aussitôt vous clouez à un pilori d'infamie, en butte aux quolibets, aux insultes, au mépris presque universel...<br />– Calmez-vous ! calmez-vous ! Votre uraniste est un grand inventeur.<br />– Je ne dis pas qu'il invente toujours; mais je dis que, lorsqu'il imite, c'est qu'il avait envie d'imiter; que l'exemple flattait son goût secret.<br />– Décidément vous tenez à ce que ce goût soit inné.<br />– Tout simplement je le constate... Et me permettrez-vous de remarquer que ce goût, de plus, ne se peut guère hériter, pour cette spécieuse raison que l'acte même qui le transmettrait est nécessairement un acte d'hétérosexualité...<br />– La boutade est ingénieuse.<br />– Avouez qu'il faut que cet appétit soit bien fort, bien irrépressible, bien enfoncé dans la chair même, disons le mot : bien naturel, pour résister aux avanies<br />et ne point consentir enfin à disparaître. Il ressemble, ne trouvez-vous pas, à un jaillissement continu qu'ici à grand-peine on aveugle, qui resurgit un peu plus loin, dont on ne peut sécher la source. Sévissez, vous aurez beau faire! Comprimez! Opprimez! Vous ne supprimerez pas.not dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-57126946058794711892007-01-13T22:31:00.000+01:002007-01-13T22:33:41.339+01:00Ahem !L'expression "French scholars" en psychanalyse a été utilisé par par moi en première fois,<br />en contre du terme "freud scholars" utilisé par C.Meyer dans Le livre noir de la psychanalyse.<br />Tapez donc "French scholars psychanalyse" sur Geoogle...<br /><br />Hynapak (<a class="moz-txt-link-rfc2396E" href="mailto:45a909d2$0$5097$ba4acef3@news.orange.fr"><45a909d2$0$5097$ba4acef3@news.orange.fr></a>)not dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-30376237972581062092007-01-12T11:07:00.000+01:002007-01-12T11:08:49.816+01:00Un projet évangéliqueJésus passe son temps dans les évangiles à déplacer tous les gens qu’il rencontre, à les sortir de leur identité. Que l’identité soit infamante (comme celle du percepteur ou de la prostituée), “ bien vue ” par la norme de son temps (comme les juifs pieux) ou “ bien vue ” par les lecteurs auquel sont destinés les évangiles (comme les disciples que Jésus passe son temps à secouer).<br /><br />Paul invite à abandonner les marqueurs identitaires du judaïsme mais n’incite pas à en fabriquer de nouveaux identifiant à la nouvelle religion. Comme l’écrit Alain Badiou (4) “ la vérité est diagonale au regard de tous les sous-ensemble communautaires, elle ne s’autorise d’aucune identité et n’en constitue aucune ”. Pourtant, deux mille ans plus tard, non seulement nous accumulons les marqueurs identitaires (hétéros-français-protestants-libéraux, par exemple) (5) mais nous voulons faire rentrer les autres – les gays en l’occurrence – dans l’identité que nous aurions choisi pour eux. Il y aurait le “ mauvais ” gay (la drag-queen, le sado-maso etc.) et le “ bon ” gay, clone de Bertrand Delanoë par exemple. Une partie des gays et lesbiennes jouent ce jeu, inventant une identité gaie ou juste une assimilation à l’identité hétéro. Dans les deux cas, enfermé identitairement de toute façon, comme l’hétéro l’est aussi. En opposition à cela, dans la lignée de Michel Foucault, est né dans les années 80 aux Etats-Unis, le mouvement Queer. David Halperin, un des théoriciens du Queer, explique (6) : “ A la différence de l’identité gay, qui bien que résolument conçue comme un acte d’affirmation, n’en reste pas moins ancrée dans le fait positif d’un choix d’objet homosexuel, l’identité queer n’a aucun besoin de se fonder sur une vérité quelconque ou sur une réalité stable. (…) Le queer ne délimite donc pas une positivité mais une position par rapport au normatif (…) Foucault conçoit l’homosexualité non pas comme une espèce nouvellement libérée d’êtres humains, mais comme une position marginale stratégique, à partir de laquelle il est possible d’entretenir et de créer de nouvelles formes de rapports à soi-même et aux autres ”. Pour Foucault reprenant la démarche grecque ancienne, “ l’œuvre à faire, explique Didier Eribon, ce sera alors la vie, qu’il s’agira de réinventer individuellement et collectivement, afin de n’être plus les mêmes que ce que nous étions, et d’échapper à ce qu’on fait de nous ”. Ne retrouve-t-on pas la structuration du sujets selon le “ non…mais ” que pointe Badiou chez Paul ? “ Structuration du sujet selon un “ non…mais ” dont il faut entendre qu’il n’est pas un état, mais un devenir (…) Car le “ non ” est dissolution potentielle des particularités fermées (dont “ loi ” est le nom), cependant que le “ mais ” indique la tâche, le labeur fidèle dont les sujets du processus ouvert par l’événement (dont le nom est “ grâce ”) sont les co-ouvriers ”. Seul bémol à cette citation de Badiou : l’événement n’est-il pas la résurrection du christ (“ mort et ressuscité ”), la “ traversée pascale ” dont on a vu qu’elle pouvait s’actualiser individuellement dans la sortie du placard ? De la modification des corps (piercing, body-building…) à l’invention de nouvelles formes de familles, d’un certain rythme de la phrase, du geste, à la création de nouvelles formes de fêtes et de musiques, ce “ labeur ” est bien un chemin collectif d’invention de soi-même qui est alors possible, un déplacement permanent de sa propre nature humaine, un exil créateur permanent ne s’arrêtant dans aucune identité. Regarder réellement la gay-pride, comme on prend le temps de regarder un paysage pour en saisir tous les détails, c’est alors prendre le risque de ne plus voir une foule d’homos se ressemblant tous mais de distinguer des personnes individuelles dans leur diversité, de voir qu’il y a quelque chose d’encore plus “ bizarre ” que ce que nous pensions : des individus qui inventent de nouvelles formes de natures humaines.not dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-36613999242499353692007-01-11T16:48:00.000+01:002007-01-11T16:51:12.069+01:00Lacan homophobe ?Si la théorie analytique assigne à l'Oedipe une fonction normativante,<br />rappelons nous que notre expérince nous apprend qu'il ne suffit pas<br />qu'elle conduise le sujet à un choix objectal, mais qu'il faut encore que<br />ce choix d'objet soit hétérosexuel.<br /><br />Séminaire IV Seuil 1994 p 201<br /><br />"fait une face du drame de l'homosexualité"<br />Séminaire I Seuil 1998 p341<br /><br />"la relation intersubjective qui sous-tend le désir perevrs ne se<br />soutient que de l'anéantissement, ou bien du désir de l'autre,<br />ou bien du désir du sujet."<br /><br />Ibid. p 342<br /><br />"Les homosexuels, on en parle. Les homosexuels, on les soigne,<br />on ne les guérit pas. Et ce qu'il y a de plus formidable c'est qu'on ne<br />les guérit pas malgré qu'ils soient absolument guérissables."<br /><br />Séminaire V Seuil 1998 p 207<br /><br />"Nul point de vue culturaliste n'a ici à se faire valoir. Que l'on ne<br />vienne pas nous dire, sous prétexte que c'était une perversion reçue,<br />approuvée, voire fêtée, que ce n'était pas une perversion. L'homosexualité<br />n'en restait pas moins ce que c'est, une perversion." J. Lacannot dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-1158415656674143932006-09-16T16:02:00.000+02:002006-09-16T16:07:36.686+02:00Sexe et dépendances<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7617/423/1600/cauley.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7617/423/320/cauley.jpg" alt="" border="0" /></a>"Je précise que dans mon esprit, les longues relations sont celles qui durent plus d'un an. Si ce n'est pas le cas, j'appelle cela fréquenter quelqu'un, même si les sentiments sont sérieux. Lorsque les gens sont ensemble depuis cinq ans ou plus, je les range d'habitude dans la catégorie "mariés", et lorsque la relation deate de plus de dix zns, les deux partenaires deviennent pout moi des colocataires qui ont la particularité de coucher ensemble de temps à autre".<br /><br />Stephen McCauley. Sexe et Dépendances.not dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-1151416163476052972006-06-27T15:47:00.000+02:002006-06-27T15:49:23.493+02:00Ode a Priape.<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7617/423/1600/vestibule_Priape_Vettii.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7617/423/320/vestibule_Priape_Vettii.jpg" alt="" border="0" /></a><br />Foutre des neuf garces du Pinde,<br />Foutre de l’amant de Daphné,<br />Dont le flasque vit ne se guinde,<br />Qu’à force d’être patiné :<br />C’est toi que j’invoque à mon aide,<br />Toi qui dans les cons, d’un vit raide,<br />Lance le foutre à gros bouillons ;<br />Priape soutiens mon haleine,<br />Et pour un moment dans ma veine,<br />Porte le feu de tes couillons.<br /><br />Que tout bande, que tout s’embrase ;<br />Accourez putains et ribauds :<br />Que vois-je ?... Où suis-je... Ô douce extase !...<br />Les cieux n’ont pas d’objets si beaux.<br />Des couilles en bloc arrondies,<br />Des cuisses fermes et bondies,<br />Des bataillons de vits bandés,<br />Des culs ronds sans poils et sans crottes,<br />Des cons, des tétons et des mottes,<br />D’un torrent de foutre inondés.<br /><br />Restez adorables images,<br />Restez à jamais sous mes yeux ;<br />Soyez l’objet de mes hommages,<br />Mes législateurs et mes dieux :<br />Qu’à Priape on élève un temple<br />Où jour et nuit l’on vous contemple,<br />Au gré des vigoureux fouteurs ;<br />Le foutre y servira d’offrandes,<br />Les poils de couilles de guirlandes,<br />Les vits de sacrificateurs.<br /><br />Aigle, baleine, dromadaire,<br />Insecte, animal, homme, tout,<br />Dans les cieux, sous l’eau, sur la terre,<br />Tout nous annonce que l’on fout :<br />Le foutre tombe comme grêle,<br />Raisonnable ou non, tout s’en mêle,<br />Le con met tous les vits en rut :<br />Le con du bonheur est la voie,<br />Dans le con gît toute la joie,<br />Mais hors du con point de salut.<br /><br />Quoique plus gueux qu’un rat d’église,<br />Pourvu que mes couillons soient chauds,<br />Et que le poil de mon cul frise,<br />Je me fous du reste en repos.<br />Grands de terre l’on se trompe,<br />Si l’on croit que de votre pompe<br />Jamais je puisse être jaloux :<br />Faites grand bruit, vivez au large ;<br />Quand j’enconne et que je décharge,<br />Ai-je moins de plaisirs que vous ?<br /><br />Que l’or, que l’honneur vous chatouille,<br />Sots avares, vains conquérants ;<br />Vivent les plaisirs de la couille !<br />Et foutre des biens et des rangs.<br />Achille aux rives du Scamandre,<br />Pille, détruit, met tout en cendres ;<br />Ce n’est que feu, que sang, qu’horreur :<br />Un con paraît, passe-t-il outre ?<br />Non, je vois bander mon jean-foutre ;<br />Le héros n’est plus qu’un fouteur.<br /><br />De fouteurs la fable fourmille :<br />Le soleil fout Leucothoé,<br />Cynire fout sa propre fille,<br />Un taureau fout Pasiphaé ;<br />Pygmalion fout sa statue,<br />Le brave Ixion fout la nue ;<br />On ne voit que foutre couler :<br />Le beau Narcisse pâle et blême,<br />Brûlant de se foutre lui-même,<br />Meurt en tachant de s’enculer.<br /><br />Socrate, direz-vous, ce sage,<br />Dont on vante l’esprit divin,<br />Socrate a vomi peste et rage,<br />Contre le sexe féminin :<br />Mais pour cela le bon apôtre,<br />N’en n’a pas moins foutu qu’un autre ;<br />Interprétons mieux ses leçons :<br />Contre le sexe il persuade ;<br />Mais sans le cul d’Alcibiade,<br />Il n’eût pas tant médit des cons.<br /><br />Mais voyons ce brave cynique,<br />Qu’un bougre a mis au rang des chiens,<br />Se branler gravement la pique,<br />À la barbe des Athéniens :<br />Rien ne l’émeut, rien ne l’étonne ;<br />L’éclair brille, Jupiter tonne,<br />Son vit n’en est point démonté ;<br />Contre le ciel sa tête altière,<br />Au bout d’une courte carrière,<br />Décharge avec tranquillité.<br /><br />Cependant Jupin dans l’Olympe,<br />Perce des culs, bourre des cons ;<br />Neptune au fond des eaux y grimpe,<br />Nymphes, sirènes et tritons ;<br />L’ardent fouteur de Proserpine,<br />Semble dans sa couille divine,<br />Avoir tout le feu des enfers :<br />Amis, jouons les mêmes farces ;<br />Foutons tant que le con des garces<br />Nous foute enfin l’âme à l’envers.<br /><br />Tysiphone, Alecto, Mégere,<br />Si l’on foutait encor chez vous,<br />Vous Parques, Caron et Cerbère,<br />De mon vit vous tâteriez tous :<br />Mais puisque par un sort barbare,<br />On ne bande plus au Ténare,<br />Je veux y descendre en foutant ;<br />Là, mon plus grand tourment, sans doute,<br />Sera de voir que Pluton foute,<br />Et de n’en pouvoir faire autant.<br /><br />Redouble donc tes infortunes,<br />Sort, foutu sort, plein de rigueur ;<br />Ce n’est qu’à des âmes communes<br />À qui tu peux foutre malheur :<br />Mais la mienne que le vit d’un carme,<br />Se ris des maux présents, passés :<br />Qu’on m’importe ? mon vit me reste ;<br />Je bande, je fous, c’est assez.not dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-1141393020671203142006-03-03T14:35:00.000+01:002006-03-03T14:37:00.686+01:00Frère Marc-Francois.JACQUES LACAN ET LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ<br /><br />Sermon prononcé par Dom Marc-François Lacan à la mémoire de son frère, le 10 septembre 1981 en l'église Saint Pierre du Gros Caillou<br /><br />Jacques Lacan a parlé. Pourquoi ? Pour le savoir, faut-il écouter ceux qui, depuis sa mort, parlent moins de lui que de leur propre positioin à son égard ? Ce n'est pas le bon moyen. Ce qu'il faut, c'est rappeler qui il était. Il était un homme. Cet homme cherchait la vérité ; le chemin qu'il ouvrait pour la chercher était la Parole.<br /><br />L'HOMME :<br /><br />Les sciences de l'homme sont sans doute ainsi appelées parce qu'elles nous enrichissent d'un savoir sur diverses fonctions de l'homme ; ce faisant, elles nous permettent de masquer et d'oublier notre ignorance de l'homme lui-même, notre inattention au fait que chaque homme est un mystère. Un mystère qui reste insondable.<br /><br />Jacques Lacan, c'est d'abord un homme attentif à l'homme, à sa réalité toujours inaccessible, à son désir dont le caractère propre est de ne jamais pouvoir être satisfait.<br /><br />Dans le monde intellectuel, il était classé tantôt comme psychanalyste, tantôt comme philosophe, voire comme poète, ou encore comme structuraliste, surréaliste, acteur … La liste pourrait s'allonger. Or il est avant tout un homme, dont il ne suffit pas de dire qu'il était humain. Sa contribution à la psychanalyse, si importante qu'elle soit, ne permet pas de dire qui il était. Bien au contraire, c'est parce qu'il était cet homme unique, nommé Jacques Lacan, qu'il a pu mettre en valeur la découverte inaugurée par Freud : celle de l'inconscient. Mise en valeur telle que le monde des psychanalystes ne l'a pas accueillie sans émoi.<br /><br />Mais qu'est-ce donc que l'inconscient ? En entendant ce mot, chacun s'en soucie d'en demander une définition. Un tel souci révèle le plus souvent, moins une recherche de la clarté, que la fuite devant un mystère qui inquiète et qui cependant caractérise la vie psychique dans sa réalité.<br /><br />L'inconscient échappe à toute définition ; il désigne l'homme lui-même dans cette dimension de son mystère qui ne donne aucune prise à sa conscience. Parler à l'homme de l'inconscient, c'est lui rappeler ce qu'il s'applique à oublier ; c'est le sauver de cet oubli que tout est organisé pour favoriser en cette fin du XXème siècle. C'est lui rappeler en effet que son centre est ailleurs qu'en lui-même. C'est lui faire découvrir que le chemin à suivre n'est pas celui que Descartes a inauguré : « Je pense donc je suis ». Cette déduction sur laquelle Descartes prend appui va-t-elle lui permettre de connaître ce « Je » qui pense ? Lacan réplique : « Je ne suis pas ce que je pense ».<br /><br />La vérité ainsi formulée jaillit de la découverte de l'inconscient, autrement dit de l'homme lui-même. La reconnaissance de l'inconscient permet à l'homme d'avoir accès à sa réalité ; loin de s'enfermer dans les limites de la vie consciente, il doit s'ouvrir à une relation qui le constitue, à une relation avec l'Autre . Une telle relation suscite une recherche ; la recherche de la vérité, de la vérité sur l'Autre, et inséparablement de la vérité sur l'homme, constituée par sa relation à l'Autre.<br /><br />LA VERITE :<br /><br />Jacques Lacan était un homme, donc un chercheur de vérité. La vérité : ce mot fait peur. Chacun, comme Pilate, réagit en disant : « Qu'est-ce que la vérité ? », et en s'en allant sans attendre la réponse.<br /><br />Lacan a découvert, grâce à Freud, le moyen d'entendre la réponse : « Freud, écrit-il, a su laisser, sous le nom d'inconscient, la vérité parler » [i]. Laisser parler la vérité, voilà le moyen, le seul, de la connaître. Aucun savoir ne donne accès à cette connaissance. Ecouter la vérité est l'unique nécessaire. Si la conscience peut entendre la vérité, il arrive souvent cependant qu'elle s'y ferme. L'inconscient est la voix de la vérité refoulée : plus précisément, il est la voie, c'est-à-dire le chemin par lequel elle passe, lorsque l'homme a refusé de l'entendre.<br /><br />Ici prend place l'intervention du psychanalyste. Il se tait ; mais il invite à parler, pour chercher à entendre la vérité qui va passer par des chemins inattendus, la vérité dont va peut-être accoucher –non sans douleur- l'homme qui parle.<br /><br />Ce que Lacan invite le psychanalyste à écouter, est-ce le malade ? C'est bien plutôt la vérité que celui-ci a refoulée, la vérité de son désir. C'est ce type d'écoute qui fonde sa méthode de psychanalyste. Il s'agit d'écouter la vérité pour pouvoir la dire. Mais Lacan sait « qu'il est impossible de dire toute la vérité ; c'est par cet impossible que la vérité tient au réel » [ii].<br /><br />Le réel est en effet inaccessible dans sa plénitude. Nous le réduisons à ce que nous en savons. Nous pouvons toutefois nous ouvrir à la connaissance du réel, et répondre ainsi au désir profond qui nous constitue. Mutiler ce désir nous rend malades, psychologiquement ou spirituellement. La santé, comme la sainteté, exige que nous cherchions la vérité, et pour cela, que nous l'écoutions parler.<br /><br />LA PAROLE :<br /><br />Nous pouvons répondre maintenant à notre question initiale : « Pourquoi Jacques Lacan parle-t-il ? » Car, depuis sa mort, il parle encore.<br /><br />On lui reproche son style, et l'obscurité qui le caractérise. Il réplique : « Il suffit de dix ans pour que ce que j'écris devienne clair pour tous » [iii].<br /><br />Il faut ajouter ceci : chaque fois qu'un homme est porteur, non d'un savoir à communiquer, mais d'une parole invitant à chercher la vérité et, pur cela, à l'écouter, il se heurte à un refus qui se masque souvent derrière une accusation : « Ce qu'il dit est impossible à entendre ». (cf. Evangile selon Saint jean, 6.60).<br /><br />Lacan n'a pas parlé pour autre chose que pour ouvrir la porte à la Parole qui vient d'ailleurs, à cette Parole de l'Autre dont l'inconscient atteste la présence ; cette présence est réelle, et sa réalité est manifestée par la peur qu'elle provoque et le refus d'écouter qui est le fruit de cette peur.<br /><br />A travers l'œuvre écrite de Lacan, que faut-il donc chercher ? Un enseignement oral inachevé et figé ? Nullement. Ce qu'il faut découvrir, c'est un homme en quête de vérité, vérité qui est le trésor évoqué dans la fable : il fallait creuser le champ pour trouver le trésor caché. Ce trésor de la vérité appartient à ceux qui apprennent par expérience que ce trésor n'est rien qu'on puisse posséder.<br /><br />Le bonheur de l'homme, c'est de décider s'ouvrir à la Parole de l'Autre. Ce désir est suscité par une présence sans laquelle l'homme n'est plus lui-même et grâce à laquelle jaillit de lui une parole qui rend témoignage à la vérité, une parole qui exprime son désir toujours nouveau de la source de sa vie d'homme.<br /><br />La parole de Jacques Lacan inquiète les hommes, car elle les oblige à sortir de leur fausse paix, en posant la vraie question que voici. En effet, je n'ai pas à me demander : « Que posséder ou que savoir pour devenir un homme heureux ? ». Mais la vraie question à me poser, c'est : « Qui m'appelle à trouver dans sa recherche le sens de ma vie ? ».<br /><br />Marc-François Lacan,<br /><br />Moine bénédictin<br /><br />Marc-François Lacannot dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-1134821684473278572005-12-17T13:13:00.000+01:002005-12-17T13:14:44.496+01:00Bush's Satanic Inaugural speech signals dark times for America, the world<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7617/423/1600/bush-satan.jpg"><img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7617/423/320/bush-satan.jpg" border="0" alt="" /></a><br />© LA FONDATION NOBEL 2005<br />Les journaux ont l’autorisation générale de publier ce texte dans n’importe quelle langue après le 7 décembre 2005 17h30 heure de Stockholm. L’autorisation de la Fondation est nécessaire pour la publication dans des périodiques ou dans des livres autrement qu’en résumé. La mention du copyright ci-dessus doit accompagner la publication de l’intégralité ou d’extraits importants du texte.<br /><br />Harold Pinter – Conférence Nobel<br />Art, vérité & politique<br /><br />En 1958 j’ai écrit la chose suivante :<br />« Il n’y a pas de distinctions tranchées entre ce qui est réel et ce qui est irréel, entre ce qui est vrai et ce qui est faux. Une chose n’est pas nécessairement vraie ou fausse ; elle peut être tout à la fois vraie et fausse. »<br />Je crois que ces affirmations ont toujours un sens et s’appliquent toujours à l’exploration de la réalité à travers l’art. Donc, en tant qu’auteur, j’y souscris encore, mais en tant que citoyen je ne peux pas. En tant que citoyen, je dois demander : Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ?<br />La vérité au théâtre est à jamais insaisissable. Vous ne la trouvez jamais tout à fait, mais sa quête a quelque chose de compulsif.Cette quête est précisément ce qui commande votre effort. Cette quête est votre tâche. La plupart du temps vous tombez sur la vérité par hasard dans le noir, en entrant en collision avec elle, ou en entrevoyant simplement une image ou une forme qui semble correspondre à la vérité, souvent sans vous rendre compte que vous l’avez fait. Mais la réelle vérité, c’est qu’il n’y a jamais, en art dramatique, une et une seule vérité à découvrir. Il y en a beaucoup. Ces vérités se défient l’une l’autre, se dérobent l’une à l’autre, se reflètent, s’ignorent, se narguent, sont aveugles l’une à l’autre. Vous avez parfois le sentiment d’avoir trouvé dans votre main la vérité d’un moment, puis elle vous glisse entre les doigts et la voilà perdue.<br />On m’a souvent demandé comment mes pièces voyaient le jour. Je ne saurais le dire. Pas plus que je ne saurais résumer mes pièces, si ce n’est pour dire voilà ce qui s’est passé. Voilà ce qu’ils ont dit. Voilà ce qu’ils ont fait.<br />La plupart des pièces naissent d’une réplique, d’un mot ou d’une image. Le mot s’offre le premier, l’image le suivant souvent de près. Je vais vous donner deux exemples de répliques qui me sont venues à l’esprit de façon totalement inattendue, suivies par une image, que j’ai moi-même suivie.<br />Les pièces en question sont Le Retour et C’était hier. La première réplique du Retour est « Qu’est-ce que tu as fait des ciseaux ? » La première réplique de C’était hier est « Bruns ».<br />Dans un cas comme dans l’autre je n’avais pas d’autres indications.<br />Dans le premier cas, quelqu’un, à l’évidence, cherchait une paire de ciseaux et demandait où ils étaient passés à quelqu’un d’autre dont il soupçonnait qu’il les avait probablement volés. Mais d’une manière ou d’une autre je savais que la personne à qui on s’adressait se fichait éperdument des ciseaux, comme de celui qui posait la question, d’ailleurs.<br />« Bruns » : je présumais qu’il s’agissait de la description des cheveux de quelqu’un, les cheveux d’une femme, et que cela répondait à une question. Dans l’un et l’autre cas, je me suis trouvé contraint de poursuivre la chose. Tout se passait visuellement, un très lent fondu, passant de l’ombre à la lumière.<br />Je commence toujours une pièce en appelant les personnages A, B et C.<br />Dans la pièce qui est devenue Le Retour je voyais un homme entrer dans une pièce austère et poser sa question àun homme plus jeune, assis sur un affreux canapé, le nez dans un journal des courses. Je soupçonnais vaguement que A était un père et que B était son fils, mais je n’en avais aucune preuve. Cela s’est néanmoins confirmé un peu plus tard quand B (qui par la suite deviendrait Lenny) dit à A (qui par la suite deviendrait Max), « Papa, tu permets que je change de sujet ? Je voudrais te demander quelque chose. Ce qu’on a mangé au dîner tout à l’heure, ça s’appelait comment ? Tu appelles ça comment ? Pourquoi tu n’achètes pas un chien ? Tu es un cuisinier pour chiens. Franchement. Tu crois donc que tu fais la cuisine pour une bande de chiens. 1 » Donc, dès lors que B appelait A « Papa », il me semblait raisonnable d’admettre qu’ils étaient père et fils. A, manifestement, était aussi le cuisinier et sa cuisine ne semblait pas être tenue en bien haute estime. Cela voulait-il dire qu’il n’y avait pas de mère ? Je n’en savais rien. Mais, comme je me le répétais à l’époque, nos débuts ne savent jamais de quoi nos fins seront faites.<br />« Bruns. » Une grande fenêtre. Ciel du soir. Un homme, A (qui par la suite deviendrait Deeley), et une femme, B (qui par la suite deviendrait Kate), assis avec des verres. « Grosse ou mince ? » demande l’homme. De qui parlent-ils ? C’est alors que je vois, se tenant à la fenêtre, une femme, C (qui par la suite deviendrait Anna), dans une autre qualité de lumière, leur tournant le dos, les cheveux bruns.<br />C’est un étrange moment, le moment où l’on crée des personnages qui n’avaient jusque-là aucune existence. Ce qui suit est capricieux, incertain, voire hallucinatoire, même si cela peut parfois prendre la forme d’une avalanche que rien ne peut arrêter. La position de l’auteur est une position bizarre. En un sens, les personnages ne lui font pas bon accueil. Les personnages lui résistent, ils ne sont pas faciles à vivre, ils sont impossibles à définir. Vous ne pouvez certainement pas leur donner d’ordres. Dans une certaine mesure vous vous livrez avec eux à un jeu interminable, vous jouez au chat et à la souris, à colin-maillard, à cache-cache. Mais vous découvrez finalement que vous avez sur les bras des êtres de chair et de sang, des êtres possédant une volonté et une sensibilité individuelle bien à eux, faits de composantes que vous n’êtes pas en mesure de changer, manipuler ou dénaturer.<br />Le langage, en art, demeure donc une affaire extrêmement ambiguë, des sables mouvants, un trampoline, une mare gelée qui pourrait bien céder sous vos pieds, à vous l’auteur, d’un instant à l’autre.<br />Mais, comme je le disais, la quête de la vérité ne peut jamais s’arrêter. Elle ne saurait être ajournée, elle ne saurait être différée. Il faut l’affronter là, tout de suite.<br />Le théâtre politique présente un ensemble de problèmes totalement différents. Les sermons doivent être évités à tout prix. L’objectivité est essentielle. Il doit être permis aux personnages de respirer un air qui leur appartient. L’auteur ne peut les enfermer ni les entraver pour satisfaire le goût, l’inclination ou les préjugés qui sont les siens. Il doit être prêt à les aborder sous des angles variés, dans des perspectives très diverses, ne connaissant ni frein ni limite, les prendre par surprise, peut-être, de temps en temps, tout en leur laissant la liberté de suivre le chemin qui leur plaît. Ça ne fonctionne pas toujours. Et la satire politique, bien évidemment, n’obéit à aucun de ces préceptes, elle fait même précisément l’inverse, ce qui est d’ailleurs sa fonction première.<br />Dans ma pièce L’Anniversaire il me semble que je lance des pistes d’interprétation très diverses, les laissant opérer dans une épaisse forêt de possibles avant de me concentrer, au final, sur un acte de soumission.<br />Langue de la montagne ne prétend pas opérer de manière aussi ouverte. Tout y est brutal, bref et laid. Les soldats de la pièce trouvent pourtant le moyen de s’amuser de la situation. On oublie parfois que les tortionnaires s’ennuient très facilement. Ils ont besoin de rire un peu pour garder le moral. Comme l’ont bien évidemment confirmé les événements d’Abu Ghraib à Bagdad. Langue de la montagne ne dure que vingt minutes, mais elle pourrait se prolonger pendant des heures et des heures, inlassablement, répétant le même schéma encore et encore, pendant des heures et des heures.<br />Ashes to Ashes, pour sa part, me semble se dérouler sous l’eau. Une femme qui se noie, sa main se tendant vers la surface à travers les vagues, retombant hors de vue, se tendant vers d’autres mains, mais ne trouvant là personne, ni au-dessus ni au-dessous de l’eau, ne trouvant que des ombres, des reflets, flottant ; la femme, une silhouette perdue dans un paysage qui se noie, une femme incapable d’échapper au destin tragique qui semblait n’appartenir qu’aux autres.<br />Mais comme les autres sont morts, elle doit mourir aussi.<br />Le langage politique, tel que l’emploient les hommes politiques, ne s’aventure jamais sur ce genre de terrain, puisque la majorité des hommes politiques, à en croire les éléments dont nous disposons, ne s’intéressent pas à la vérité mais au pouvoir et au maintien de ce pouvoir. Pour maintenir ce pouvoir il est essentiel que les gens demeurent dans l’ignorance, qu’ils vivent dans l’ignorance de la vérité, jusqu’à la vérité de leur propre vie. Ce qui nous entoure est donc un vaste tissu de mensonges, dont nous nous nourrissons.<br />Comme le sait ici tout un chacun, l’argument avancé pour justifier l’invasion de l’Irak était que Saddam Hussein détenait un arsenal extrêmement dangereux d’armes de destruction massive, dont certaines pouvaient être déchargées en 45 minutes, provoquant un effroyable carnage. On nous assurait que c’était vrai. Ce n’était pas vrai. On nous disait que l’Irak entretenait des relations avec Al Qaïda et avait donc sa part de responsabilitédans l’atrocité du 11 septembre 2001 à New York. On nous assurait que c’était vrai. Ce n’était pas vrai. On nous disait que l’Irak menaçait la sécurité du monde. On nous assurait que c’était vrai. Ce n’était pas vrai.<br />La vérité est totalement différente. La vérité est liée à la façon dont les États-Unis comprennent leur rôle dans le monde et la façon dont ils choisissent de l’incarner.<br />Mais avant de revenirau temps présent, j’aimerais considérer l’histoire récente, j’entends par là la politique étrangère des États-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Je crois qu’il est pour nous impératif de soumettre cette période à un examen rigoureux, quoique limité, forcément, par le temps dont nous disposons ici.<br />Tout le monde sait ce qui s’est passé en Union Soviétique et dans toute l’Europe de l’Est durant l’après-guerre : la brutalité systématique, les atrocités largement répandues,la répression impitoyable de toute pensée indépendante. Tout cela a été pleinement documenté et attesté.<br />Mais je soutiens que les crimes commis par les États-Unis durant cette même période n’ont été que superficiellement rapportés, encore moins documentés, encore moins reconnus, encore moins identifiés àdes crimes tout court. Je crois que la question doit être abordée et que la vérité a un rapport évident avec l’état actuel du monde. Bien que limitées, dans une certaine mesure, par l’existence de l’Union Soviétique, les actions menées dans le monde entier par les États-Unis donnaient clairement à entendre qu’ils avaient décrété avoir carte blanche pour faire ce qu’ils voulaient.<br />L’invasion directe d’un état souverain n’a jamais été, de fait, la méthode privilégiée de l’Amérique. Dans l’ensemble, elle préférait ce qu’elle a qualifié de « conflit de faible intensité ».« Conflit de faible intensité », cela veut dire que des milliers de gens meurent, mais plus lentement que si vous lâchiez une bombe sur eux d’un seul coup.Cela veut dire que vous contaminez le cœur du pays, que vous y implantez une tumeur maligne et que vous observez s’étendre la gangrène. Une fois que le peuple a été soumis – ou battu à mort – ça revient au même – et que vos amis, les militaires et les grandes sociétés commerciales, sont confortablement installés au pouvoir, vous allez devant les caméras et vous déclarez que la démocratie l’a emporté. C’était monnaie courante dans la politique étrangère américaine dans les années auxquelles je fais allusion.<br />La tragédie du Nicaragua s’est avérée être un cas extrêmement révélateur. Si je décide de l’évoquer ici, c’est qu’il illustre de façon convaincante la façon dont l’Amérique envisage son rôle dans le monde, aussi bien à l’époque qu’aujourd’hui.<br />J’ai assisté à une réunion qui s’est tenue à l’Ambassade des États-Unis à Londres à la fin des années 80.<br />Le Congrès américain était sur le point de décider s’il fallait ou non donner davantage d’argent aux Contras dans la campagne qu’ils menaient contre l’État du Nicaragua. J’étais là en tant que membre d’une délégation parlant au nom du Nicaragua, mais le membre le plus important de cette délégation était un certain Père John Metcalf. Le chef de file du camp américain était Raymond Seitz (alors bras droit de l’ambassadeur, lui-même nommé ambassadeur par la suite). Père Metcalf a dit : « Monsieur, j’ai la charge d’une paroisse au nord du Nicaragua. Mes paroissiens ont construit une école, un centre médico-social, un centre culturel. Nous avons vécu en paix. Il y a quelques mois une force de la Contra a attaqué la paroisse. Ils ont tout détruit : l’école, le centre médico-social, le centre culturel. Ils ont violé les infirmières et les institutrices, massacré les médecins, de la manière la plus brutale. Ils se sont comportés comme des sauvages. Je vous en supplie, exigez du gouvernement américain qu’il retire son soutien à cette odieuse activité terroriste. »<br />Raymond Seitz avait très bonne réputation, celle d’un homme rationnel, responsable et très bien informé. Il était grandement respecté dans les cercles diplomatiques. Il a écouté, marqué une pause, puis parlé avec une certaine gravité. « Père, dit-il, laissez-moi vous dire une chose. En temps de guerre, les innocents souffrent toujours. » Il y eut un silence glacial. Nous l’avons regardé d’un œil fixe. Il n’a pas bronché.<br />Les innocents, certes, souffrent toujours.<br />Finalement quelqu’un a dit : « Mais dans le cas qui nous occupe, des « innocents » ont été les victimes d’une atrocité innommable financée par votre gouvernement, une parmi tant d’autres. Si le Congrès accorde davantage d’argent aux Contras, d’autres atrocités de cette espèce seront perpétrées. N’est-ce pas le cas ? Votre gouvernement n’est-il pas par là même coupable de soutenir des actes meurtriers et destructeurs commis sur les citoyens d’un état souverain ? »<br />Seitz était imperturbable. « Je ne suis pas d’accord que les faits, tels qu’ils nous ont été exposés, appuient ce que vous affirmez là », dit-il.<br />Alors que nous quittions l’ambassade, un conseiller américain m’a dit qu’il aimait beaucoup mes pièces. Je n’ai pas répondu.<br />Je dois vous rappeler qu’à l’époque le Président Reagan avait fait la déclaration suivante : « Les Contras sont l’équivalent moral de nos Pères fondateurs. »<br />Les États-Unis ont pendant plus de quarante ans soutenu la dictature brutale de Somoza au Nicaragua. Le peuple nicaraguayen, sous la conduite des Sandinistes, a renversé ce régime en 1979, une révolution populaire et poignante.<br />Les Sandinistes n’étaient pas parfaits. Ils avaient leur part d’arrogance et leur philosophie politique comportait un certain nombre d’éléments contradictoires. Mais ils étaient intelligents, rationnels et civilisés. Leur but était d’instaurer une société stable, digne, et pluraliste. La peine de mort a été abolie. Des centaines de milliers de paysans frappés par la misère ont été ramenés d’entre les morts. Plus de 100 000 familles se sont vues attribuer un droit à la terre. Deux mille écoles ont été construites. Une campagne d’alphabétisation tout à fait remarquable a fait tomber le taux d’analphabétisme dans le pays sous la barre des 15%. L’éducation gratuite a été instaurée ainsi que la gratuité des services de santé. La mortalité infantile a diminué d’un tiers. La polio a été éradiquée.<br />Les États-Unis accusèrent ces franches réussites d’être de la subversion marxiste-léniniste. Aux yeux du gouvernement américain, le Nicaragua donnait là un dangereux exemple. Si on lui permettait d’établir les normes élémentaires de la justice économique et sociale, si on lui permettait d’élever le niveau des soins médicaux et de l’éducation et d’accéder à une unité sociale et une dignité nationale, les pays voisins se poseraient les mêmes questions et apporteraient les mêmes réponses. Il y avait bien sûr à l’époque, au Salvador, une résistance farouche au statu quo.<br />J’ai parlé tout à l’heure du « tissu de mensonges » qui nous entoure. Le Président Reagan qualifiait couramment le Nicaragua de « donjon totalitaire ». Ce que les médias, et assurément le gouvernement britannique, tenaient généralement pour une observation juste et méritée. Il n’y avait pourtant pas trace d’escadrons de la mort sous le gouvernement sandiniste. Il n’y avait pas trace de tortures. Il n’y avait pas trace de brutalité militaire, systématique ou officielle. Aucun prêtre n’a jamais été assassiné au Nicaragua. Il y avait même trois prêtres dans le gouvernement sandiniste, deux jésuites et un missionnaire de la Société de Maryknoll. Les « donjons totalitaires » se trouvaient en fait tout à côté, au Salvador et au Guatemala. Les États-Unis avaient, en 1954, fait tomber le gouvernement démocratiquement élu du Guatemala et on estime que plus de 200 000 personnes avaient été victimes des dictatures militaires qui s’y étaient succédé.<br />En 1989, six des plus éminents jésuites du monde ont été violemment abattus à l’Université Centraméricaine de San Salvador par un bataillon du régiment Alcatl entraîné à Fort Benning, Géorgie, USA. L’archevêque Romero, cet homme au courage exemplaire, a été assassiné alors qu’il célébrait la messe. On estime que 75 000 personnes sont mortes. Pourquoi a-t-on tué ces gens-là ? On les a tués parce qu’ils étaient convaincus qu’une vie meilleure était possible et devait advenir. Cette conviction les a immédiatement catalogués comme communistes. Ils sont morts parce qu’ils osaient contester le statu quo, l’horizon infini de pauvreté, de maladies, d’humiliation et d’oppression, le seul droit qu’ils avaient acquis à la naissance.<br />Les États-Unis ont fini par faire tomber le gouvernement sandiniste. Cela leur prit plusieurs années et ils durent faire preuve d’une ténacité considérable,mais une persécution économique acharnée et 30 000 morts ont fini par ébranler le courage des Nicaraguayens. Ils étaient épuisés et de nouveau misérables. L’économie « casino » s’est réinstallée dans le pays. C’en était fini de la santé gratuite et de l’éducation gratuite. Les affaires ont fait un retour en force. La « Démocratie » l’avait emporté.<br />Mais cette « politique » ne se limitait en rien à l’Amérique Centrale. Elle était menée partout dans le monde. Elle était sans fin. Et c’est comme si ça n’était jamais arrivé.<br />Les États-Unis ont soutenu, et dans bien des cas engendré, toutes les dictatures militaires droitières apparues dans le monde à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Je veux parler de l’Indonésie, de la Grèce, de l’Uruguay, du Brésil, du Paraguay, d’Haïti, de la Turquie, des Philippines, du Guatemala, du Salvador, et, bien sûr, du Chili. L’horreur que les États-Unis ont infligée au Chili en 1973 ne pourra jamais être expiée et ne pourra jamais être oubliée.<br />Des centaines de milliers de morts ont eu lieu dans tous ces pays. Ont-elles eu lieu? Et sont-elles dans tous les cas imputables à la politique étrangère des États-Unis? La réponse est oui, elles ont eu lieu et elles sont imputables à la politique étrangère américaine. Mais vous n’en savez rien.<br />Ça ne s’est jamais passé. Rien ne s’est jamais passé. Même pendant que cela se passait, ça ne se passait pas. Ça n’avait aucune importance. Ça n’avait aucun intérêt. Les crimes commis par les États-Unis ont été systématiques, constants, violents, impitoyables, mais très peu de gens en ont réellement parlé. Rendons cette justice à l’Amérique : elle s’est livrée, partout dans le monde, à une manipulation tout à fait clinique du pouvoir tout en se faisant passer pour une force qui agissait dans l’intérêt du bien universel. Un cas d’hypnose génial, pour ne pas dire spirituel, et terriblement efficace.<br />Les États-Unis, je vous le dis, offrent sans aucun doute le plus grand spectacle du moment. Pays brutal, indifférent, méprisant et sans pitié, peut-être bien, mais c’est aussi un pays très malin. À l’image d’un commis voyageur, il œuvre tout seul et l’article qu’il vend le mieux est l’amour de soi. Succès garanti. Écoutez tous les présidents américains à la télévision prononcer les mots « peuple américain », comme dans la phrase : « Je dis au peuple américain qu’il est temps de prier et de défendre les droits du peuple américain et je demande au peuple américain de faire confiance à son Président pour les actions qu’il s’apprête à mener au nom du peuple américain. »<br />Le stratagème est brillant. Le langage est en fait employé pour tenir la pensée en échec. Les mots « peuple américain » fournissent un coussin franchement voluptueux destiné à vous rassurer. Vous n’avez pas besoin de penser. Vous n’avez qu’à vous allonger sur le coussin. Il se peut que ce coussin étouffe votre intelligence et votre sens critique mais il est très confortable. Ce qui bien sûr ne vaut pas pour les 40 millions de gens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ni aux 2 millions d’hommes et de femmes incarcérés dans le vaste goulag de prisons qui s’étend d’un bout à l’autre des États-Unis.<br />Les États-Unis ne se préoccupent plus des conflits de faible intensité. Ils ne voient plus l’intérêt qu’il y aurait à faire preuve de réserve, ni même de sournoiserie. Ils jouent cartes sur table, sans distinction. C’est bien simple, ils se fichent éperdument des Nations Unies, du droit international ou des voix dissidentes, dont ils pensent qu’ils n’ont aucun pouvoir ni aucune pertinence. Et puis ils ont leur petit agneau bêlant qui les suit partout au bout d’une laisse, la Grande-Bretagne, pathétique et soumise.<br />Où est donc passée notre sensibilité morale ? En avons-nous jamais eu une ? Que signifient ces mots ? Renvoient-ils à un terme très rarement employé ces temps-ci – la conscience ? Une conscience qui soit non seulement liée à nos propres actes mais qui soit également liée à la part de responsabilité qui est la nôtre dans les actes d’autrui ? Tout cela est-il mort ? Regardez Guantanamo. Des centaines de gens détenus sans chef d’accusation depuis plus de trois ans, sans représentation légale ni procès équitable, théoriquement détenus pour toujours. Cette structure totalement illégitime est maintenue au mépris de la Convention de Genève. Non seulement on la tolère mais c’est à peine si la soi-disant « communauté internationale » en fait le moindre cas. Ce crime scandaleux est commis en ce moment même par un pays qui fait profession d’être « le leader du monde libre ». Est-ce que nous pensons aux locataires de Guantanamo ? Qu’en disent les médias ? Ils se réveillent de temps en temps pour nous pondre un petit article en page six. Ces hommes ont été relégués dans un no man’s land dont ils pourraient fort bien ne jamais revenir. À présent beaucoup d’entre euxfont la grève de la faim, ils sont nourris de force, y compris des résidents britanniques. Pas de raffinements dans ces méthodes d’alimentation forcée. Pas de sédatifs ni d’anesthésiques. Juste un tube qu’on vous enfonce dans le nez et qu’on vous fait descendre dans la gorge. Vous vomissez du sang. C’est de la torture. Qu’en a dit le ministre des Affaires étrangères britannique ? Rien. Qu’en a dit le Premier Ministre britannique ? Rien. Et pourquoi ? Parce que les États-Unis ont déclaré : critiquer notre conduite à Guantanamo constitue un acte hostile. Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. Résultat, Blair se tait.<br />L’invasion de l’Irak était un acte de banditisme, un acte de terrorisme d’État patenté, témoignant d’un absolu mépris pour la notion de droit international. Cette invasion était un engagement militaire arbitraire inspiré par une série de mensonges répétés sans fin et une manipulation flagrante des médias et, partant, du public ; une intervention visant à renforcer le contrôle militaire et économique de l’Amérique sur le Moyen-Orient et se faisant passer – en dernier ressort – toutes les autres justifications n’ayant pas réussi à prouver leur bien-fondé – pour une libération. Une red outable affirmation de la force militaire responsable de la mort et de la mutilation de milliers et de milliers d’innocents.<br />Nous avons apporté au peuple irakien la torture, les bombes à fragmentation, l’uranium appauvri, d’innombrables tueries commises au hasard, la misère, l’humiliation et la mort et nous appelons cela « apporter la liberté et la démocratie au Moyen-Orient ».<br />Combien de gens vous faut-il tuer avant d’avoir droit au titre de meurtrier de masse et de criminel de guerre ? Cent mille ? Plus qu’assez, serais-je tenté de croire. Il serait donc juste que Bush et Blair soient appelés à comparaître devant la Cour internationale de justice. Mais Bush a été malin. Il n’a pas ratifié la Cour internationale de justice. Donc, si un soldat américain ou, à plus forte raison, un homme politique américain, devait se retrouver au banc des accusés, Bush a prévenu qu’il enverrait les marines. Mais Tony Blair, lui, a ratifié la Cour et peut donc faire l’objet de poursuites.Nous pouvons communiquer son adresse à la Cour si ça l’intéresse. Il habite au 10 Downing Street, Londres.<br />La mort dans ce contexte devient tout à fait accessoire. Bush et Blair prennent tous deux bien soin de la mettre de côté. Au moins 100 000 Irakiens ont péri sous les bombes et les missiles américains avant que ne commence l’insurrection irakienne. Ces gens-là sont quantité négligeable. Leur mort n’existe pas. Un néant. Ils ne sont même pas recensés comme étant morts. « Nous ne comptons pas les cadavres » a déclaré le général américain Tommy Franks.<br />Aux premiers jours de l’invasion une photo a été publiée à la une des journaux britanniques ; on y voit Tony Blair embrassant sur la joue un petit garçon irakien. « Un enfant reconnaissant » disait la légende. Quelques jours plus tard on pouvait trouver, en pages intérieures, l’histoire et la photo d’un autre petit garçon de quatre ans qui n’avait plus de bras. Sa famille avait été pulvérisée par un missile. C’était le seul survivant. « Quand est-ce que je retrouverai mes bras ? » demandait-il. L’histoire est passée à la trappe. Eh bien oui, Tony Blair ne le serrait pas contre lui, pas plus qu’il ne serrait dans ses bras le corps d’un autre enfant mutilé, ou le corps d’un cadavre ensanglanté. Le sang, c’est sale. Ça salit votre chemise et votre cravate quand vous parlez avec sincérité devant les caméras de télévision.<br />Les 2000 morts américains sont embarrassants. On les transporte vers leurs tombes dans le noir. Les funérailles se font discrètement, en lieu sûr. Les mutilés pourrissent dans leurs lits, certains pour le restant de leurs jours. Ainsi les morts et les mutilés pourrissent-ils, dans différentes catégories de tombes.<br />Voici un extrait de « J’explique certaines choses », un poème de Pablo Neruda :<br />Et un matin tout était en feu,<br />et un matin les bûchers<br />sortaient de la terre<br />dévorant les êtres vivants,<br />et dès lors ce fut le feu,<br />ce fut la poudre,<br />et ce fut le sang.<br />Des bandits avec des avions, avec des Maures,<br />des bandits avec des bagues et des duchesses,<br />des bandits avec des moines noirs pour bénir<br />tombaient du ciel pour tuer des enfants,<br />et à travers les rues le sang des enfants<br />coulait simplement, comme du sang d’enfants.<br />Chacals que le chacal repousserait,<br />pierres que le dur chardon mordrait en crachant,<br />vipères que les vipères détesteraient !<br />Face à vous j’ai vu le sang<br />de l’Espagne se lever<br />pour vous noyer dans une seule vague<br />d’orgueil et de couteaux !<br />Généraux<br />de trahison :<br />regardez ma maison morte,<br />regardez l’Espagne brisée :<br />mais de chaque maison morte surgit un métal ardent<br />au lieu de fleurs,<br />mais de chaque brèche d’Espagne<br />surgit l’Espagne,<br />mais de chaque enfant mort surgit un fusil avec des yeux,<br />mais de chaque crime naissent des balles<br />qui trouveront un jour l’endroit<br />de votre cœur.<br />Vous allez demander pourquoi sa poésie<br />ne parle-t-elle pas du rêve, des feuilles,<br />des grands volcans de son pays natal ?<br />Venez voir le sang dans les rues,<br />venez voir<br />le sang dans les rues,<br />venez voir<br />le sang dans les rues ! 2<br />Laissez-moi préciser qu’en citant ce poème de Neruda je ne suis en aucune façon en train de comparer l’Espagne républicaine à l’Irak de Saddam Hussein. Si je cite Neruda c’est parce que je n’ai jamais lu ailleurs dans la poésie contemporaine de description aussi puissante et viscérale d’un bombardement de civils.<br />J’ai dit tout à l’heure que les États-Unis étaient désormais d’une franchise totale et jouaient cartes sur table. C’est bien le cas. Leur politique officielle déclarée est désormais définie comme une « full spectrum dominance » (une domination totale sur tous les fronts). L’expression n’est pas de moi, elle est d’eux. « Full spectrum dominance », cela veut dire contrôle des terres, des mers, des airs et de l’espace et de toutes les ressources qui vont avec.<br />Les États-Unis occupent aujourd’hui 702 installations militaires dans 132 pays du monde entier, à l’honorable exception de la Suède, bien sûr. On ne sait pas trop comment ils en sont arrivés là, mais une chose est sûre, c’est qu’ils y sont.<br />Les États-Unis détiennent 8000 ogives nucléaires actives et opérationnelles. 2000 sont en état d’alerte maximale, prêtes à être lancées avec un délai d’avertissement de 15 minutes. Ils développent de nouveaux systèmes de force nucléaire, connus sous le nom de « bunker busters » (briseurs de blockhaus). Les Britanniques, toujours coopératifs, ont l’intention de remplacer leur missile nucléaire, le Trident. Qui, je me le demande, visent-ils ? Oussama Ben Laden ? Vous ? Moi ? Tartempion ? La Chine ? Paris ? Qui sait ? Ce que nous savons c’est que cette folie infantile – détenir des armes nucléaires et menacer de s’en servir – est au cœur de la philosophie politique américaine actuelle. Nous devons nous rappeler que les États-Unis sont en permanence sur le pied de guerre et ne laissent entrevoir en la matière aucun signe de détente.<br />Des milliers, sinon des millions, de gens aux États-Unis sont pleins de honte et de colère, visiblement écœurés par les actions de leur gouvernement, mais en l’état actuel des choses, ils ne constituent pas une force politique cohérente – pas encore. Cela dit, l’angoisse, l’incertitude et la peur que nous voyons grandir de jour en jour aux États-Unis ne sont pas près de s’atténuer.<br />Je sais que le Président Bush emploie déjà pour écrire ses discours de nombreuses personnes extrêmement compétentes, mais j’aimerais me porter volontaire pour le poste. Je propose la courte allocution suivante, qu’il pourrait faire à la télévision et adresser à la nation. Je l’imagine grave, les cheveux soigneusement peignés, sérieux, avenant, sincère, souvent enjôleur, y allant parfois d’un petit sourire forcé, curieusement séduisant, un homme plus à son aise avec les hommes.<br />« Dieu est bon. Dieu est grand. Dieu est bon. Mon Dieu est bon. Le Dieu de Ben Laden est mauvais. Le sien est un mauvais Dieu. Le Dieu de Saddam était mauvais, sauf que Saddam n’en avait pas. C’était un barbare. Nous ne sommes pas des barbares. Nous ne tranchons pas la tête des gens. Nous croyons à la liberté. Dieu aussi. Je ne suis pas un barbare. Je suis le leader démocratiquement élu d’une démocratie éprise de liberté. Nous sommes une société pleine de compassion. Nous administrons des électrocutions pleines de compassion et des injections létales pleines de compassion. Nous sommes une grande nation. Je ne suis pas un dictateur. Lui, oui. Je ne suis pas un barbare. Lui, oui. Et lui aussi. Ils le sont tous. Moi, je détiens l’autorité morale. Vous voyez ce poing ? C’est ça, mon autorité morale. Tâchez de ne pas l’oublier. »<br />La vie d’un écrivain est une activité infiniment vulnérable, presque nue. Inutile de pleurer là-dessus. L’écrivain fait un choix, un choix qui lui colle à la peau. Mais il est juste de dire que vous êtes exposé à tous les vents, dont certains sont glacés bien sûr. Vous œuvrez tout seul, isolé de tout. Vous ne trouvez aucun refuge, aucune protection – sauf si vous mentez – auquel cas bien sûr vous avez construit et assuré vous-même votre protection et, on pourrait vous le rétorquer, vous êtes devenu un homme politique.<br />J’ai parlé de la mort pas mal de fois ce soir.Je vais maintenant vous lire un de mes poèmes, intitulé « Mort ».<br />Où a-t-on trouvé le cadavre ?<br />Qui a trouvé le cadavre ?<br />Le cadavre était-il mort quand on l’a trouvé ?<br />Comment a-t-on trouvé le cadavre ?<br />Qui était le cadavre ?<br />Qui était le père ou la fille ou le frère<br />Ou l’oncle ou la sœur ou la mère ou le fils<br />Du cadavre abandonné ?<br />Le corps était-il mort quand on l’a abandonné ?<br />Le corps était-il abandonné ?<br />Par qui avait-il été abandonné ?<br />Le cadavre était-il nu ou en costume de voyage ?<br />Qu’est-ce qui a fait que ce cadavre, vous l’avez déclaré mort ?<br />Le cadavre, vous l’avez déclaré mort ?<br />Vous le connaissiez bien, le cadavre ?<br />Comment saviez-vous que le cadavre était mort ?<br />Avez-vous lavé le cadavre<br />Avez-vous fermé ses deux yeux<br />Avez-vous enterré le corps<br />L’avez-vous laissé à l’abandon<br />Avez-vous embrassé le cadavre<br />Quand nous nous regardons dans un miroir nous pensons que l’image qui nous fait face est fidèle. Mais bougez d’un millimètre et l’image change. Nous sommes en fait en train de regarder une gamme infinie de reflets.Mais un écrivain doit parfois fracasser le miroir – car c’est de l’autre côté de ce miroir que la vérité nous fixe des yeux.<br />Je crois que malgré les énormes obstacles qui existent, être intellectuellement résolus, avec une détermination farouche, stoïque et inébranlable, à définir, en tant que citoyens, la réelle vérité de nos vies et de nos sociétés est une obligation cruciale qui nous incombe à tous. Elle est même impérative.<br />Si une telle détermination ne s’incarne pas dans notre vision politique, nous n’avons aucun espoir de restaurer ce que nous sommes si près de perdre – notre dignité d’homme.<br /><br />1. Harold Pinter : Le Retour. Traduction Éric Kahane. Gallimard, 1969.<br />2. Pablo Neruda : « J’explique certaines choses », dans Résidence sur la terre, III. Traduction Guy Suarès. Gallimard, 1972.<br />Traduction Séverine Magoisnot dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-1128068154295017342005-09-30T10:11:00.000+02:002005-09-30T10:15:54.303+02:00marrantParis ce 24 septembre 1976<br /><br />Monsieur,<br /><br /><br />Je vous remercie de votre lettre qui ouvre un débat. Je voudrais apporter un élément de réponse à ce qu'il en est, d'après moi du rapport mathématiques/réalité.<br />Lorsqu'en I8?7 Cantor au contraire de ce que lui et ses collègues pensait, démontra qu'il existait une bijection entre la droite et le plan, appuya sa démonstration d'une figure. I1 "voit" cette bijection. Il écrit à Dedekind, le 29 Juin de cette même année, deux ou trois jours après lui avoir communiqué sa découverte: "ce<br />que je vous ai communiqué tout récemment est pour moi même si inattendu, si nouveau, que je ne pourrais pour ainsi dire pas arriver à une certaine tranquilité d'esprit avant que je n'aie reçu, très honoré ami, votre jugement sur son exactitude, tant que vous ne m'aurez pas approuvé, je ne puis que dire: je le vois mais je ne le croîs pas".<br />La question de savoir ce à quoi il ne croit pas, fonde ce qu'il en est de l'illusion. On peut dire que ce qui distingue à la source la magie de la prestidigitation, c'est justement l'illusion. Si on y croit, et il faut y croire dure comme fer, c'est de la magie. Dans le cas contraire, i`l s'agit de manipulation: on sait qu'il y a un truc mais on ne le voit pas. C'est Dedekind qui dévoila à Cantor ce truc en lui écrivant: "Tous les auteurs ont évidemment fait l'hypothèse tacite, tout à fait naturelle, que pour une nouvelle détermination des points d'une multiplicité continue à l'aide de nouvelles coordonées, ces dernières doivent être aussi des fonctions continues".<br />Cette formule de Cantor: "Je le vois mais je ne le crois pas" me semble bien étrange. En effet, d'habitude, on demande à voir. En ?rance, cette année, une chapelle a été fermée (par son curé) car le jeu du soleil sur les vitraux projetait sur le mur une ombre<br />que les habitants du village, puis ceux venus des alentours, prenaient pour une apparition de la Sainte Vierge. S'il s'agit la d'une paréidolie collective, remarquons que pour en arriver à cet extrême il faut y croire (en la Sainte Vierge) pour la voir, et que l'adage il faut le voir pour le croire semble quelque peu inadapté.<br />L'illusion débouche sur la création. Rien n'est simple, puis-que le mathématicien a le pouvoir de créer des entités mathématiques, qui entrent ainsi dans la réalité mathématique, d'ailleurs par le biais d'un symbole.<br />Ce problème de la création/illusion est éclairé par Winnicott. La question, écrit-il, qu'une mère ne posera jamais à son enfant à propos d'un objet transitionel est: "Cet objet, l'as tu créé, ou bien existait-il déjà?". Et ailleurs: "Il y a un moment d'illusion, un fragment d'expérience qu considérer soit comme sa propre hallucination, chose appartenant à la réalité extérieure."<br />Il me semble que cette approche du travail mathématique, a quelque niveau, en référence avec les concepts introduits en particulier par Winnicott peut permettre de comprendre et d'expliquer un grand nombre de faits liés aux mathématiques, en particulier de ce qu'il en est des rapports mathématiques/réalté. Le problème par exemple du postulat d'Euclide (de sa dépendance par rap aux autres,. axiomes) venait que dans la réalité physique ça se voit donc on y croit.<br />A mon sens il faut considérer l'activité mathématique comme une aire de jeu se situant entre la réalité extérieure ob ectivement perçue et les "extensions du moi", c'est à dire les objets subjectifs.<br />Envous remerciant, je vous prie de croire Monsieur à mes meilleurs sentiments.not dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-1128066791085791252005-09-30T09:52:00.000+02:002005-09-30T09:53:11.093+02:00Le livre noir de la pasychanalyse."A QUI S'ADRESSE " SCILICET " ?<br /><br />Scilicet : tu peux savoir, tel est le sens de ce titre. Tu peux savoir maintenant, que j'ai échoué dans un enseignement qui ne s'est adressé douze ans qu'à des psychanalystes, et qui de leur fait, depuis quatre ans, a rencontré ce à quoi, en décembre 1967 à l'École Normale Supérieure où je parle, j'ai fait hommage comme au nombre.<br />Dans l'un et l'autre de ces temps, j'ai échoué à rompre le mauvais charme qui s'exerce de l'ordre en vigueur dans les Sociétés psychanalytiques existantes, sur la pratique de la psychanalyse et sur sa production théorique, l'une de l'autre solidaires.<br />Cette revue est l'un des moyens dont j'attends de surmonter dans mon École, qui se distingue en son principe desdites Sociétés, l'obstacle qui m'a résiné ailleurs.<br />Scilicet : tu peux savoir ce qu'il en adviendra maintenant.<br />A qui ce tu s'adresse-t-il pourtant ? N'es-tu rien que l'en-jeu à situer dans un temps qui ne se dessine qu'à être l'origine d'une partie à quoi il n'aura manqué que d'être jouée ? Ce temps n'est rien, mais il te fait doublement perdue, Eurydice, toi qui subsistes comme enjeu.<br />Je dis que la psychanalyse ne joue pas le jeu avec toi, qu'elle ne prend pas en charge ce dont pourtant auprès de toi elle se réclame. C'est de ceci : que l'être qui pense (à ceci près qu'il l'est en tant qu'il ne le sait pas), que cet être, dis-je, n'est pas sans se penser comme question de son sexe : sexe<br />dont il fait bien partie de par son être puisqu'il s'y pose comme question.<br />Que ces effets soient maintenant irrépudiables, de ce que de leur révélation soit apparu le trait sauvage des expédients dont on y pare, qu'il soit probable que la sauvagerie s'en accroisse chaque jour à mesure du reniement de cette révélation, voilà ce dont la psychanalyse est directement responsable de faire défaut à dénoncer le défaut qui est au départ.<br />C'est ce qu'elle fait en le reportant au ratage d'un bien-être oral. Déviation à servir d'exemple pour le statut de l'idéologie, quand on sait de source observée la place de la digestion dans la morale professionnelle du psychanalyste.<br />Tu que je cherche, sache bien que j'ai ma part de rigolade.<br />C'est pourquoi je décide de t'appeler : bachelier, pour te rappeler ta place dans cet empire du pédantisme, devenu assez prévalent pour que ta chute même en ce monde ne te promette à rien de plus qu'à l'égout de la culture. N'espère pas y échapper, même à t'inscrire au Parti.<br />C'est ainsi que je suis moi-même alloué au baquet dit structuraliste et qu'un des plus distingués de mes tenants, m'a averti : " Vous êtes maintenant au niveau du bachelier " (autrement dit : il veut du Lacan).<br />Il reste ceci de préservé que ton nom cache bachelor. Du moins sache que je l'y suppose, n'étant pas de ces cuistres à qui le mot : franglais puisse évoquer autre chose que la langue anglaise elle-même : bachelor, c'est-à-dire pas encore marié.<br />De ce fait tu n'es pas obligé de soutenir de la révérence due aux mérites d'une personne, l'inconsidéré d'un parti pris dans la question en cause.<br />Maintenant laisse-moi te présenter : Scilicet."<br /><br /><br />Mais qui veut savoir ?<br /><br />Leurre état, allah lie.not dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-1126696846885466112005-09-14T13:18:00.000+02:002005-09-14T13:20:46.890+02:00Mauvaise analyse !Le 7/07 j'écrivais Free avec SFR. Ben non:<br /><br /> PARIS (Dow Jones)--Iliad (403591.FR), maison-mère du fournisseur d'accès Free, gagne 5,9% à EUR42,41 sur des rumeurs de rachat par Bouygues (12050.FR), affirme un opérateur. Ces rumeurs sont apparues à la suite de l'annonce par Bouygues mercredi matin, lors d'une réunion d'analystes suivant l'annonce de ses résultats semestriels, que le groupe a l'intention de se lancer dans la téléphonie fixe. "Les gens spéculent sur le fait que Iliad serait une cible idéale pour Bouygues sur ce dossier", note l'opérateur. Bouygues et Iliad n'étaient pas immédiatement disponibles pour un commentaire. Bouygues perd 0,8% à EUR36,42. (AUS)<br /><br />Lol.not dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-1126457022533499682005-09-11T15:38:00.000+02:002005-09-11T18:43:42.580+02:00Haine, phobie ...Sur http://www.bibliotheque.refer.org/litoi/2-4.htm je lisais que:<br /><br />"Octave Mannoni, devenu par la suite psychanalyste lacanien, a été professeur de philosophie au lycée Galliéni de Tananarive, immédiatement avant la guerre, et, après 1945, chef du service d'information de Madagascar.À ce titre, il a été responsable de la Revue de Madagascar, organe de la propagande officielle du Gouvernement Général, dont il a orienté les pages littéraires, pour leur faire refléter la riche tradition littéraire malgache. En 1950, il publie un essai, Psychologie de la colonisation, appuyé sur des exemples tirés des récents et terribles " événements " malgaches de 1947. Le livre a été vivement pris à partie par Aimé Césaire (dans le Discours sur le colonialisme) et par Franz Fanon (dans Les Damnés de la terre). Mannoni s'y interrogeait sur la violence à l'œuvre dans la colonisation : si, d'un côté, le colonial européen est souvent quelqu'un qui n'arrive pas à affronter ses pairs et qui choisit de s'imposer à des colonisés que son racisme transforme en inférieurs (Mannoni propose cette formule très forte : Le Nègre [avec toutes les connotations que le mot pouvait prendre dans le contexte colonial], c'est la peur que le Blanc a de lui-même), d'autre part, le colonisé va parfois au devant de la domination, comme s'il attendait, espérait, dans un désir messianique, ceux qui viendront le prendre en charge (Mannoni pense à une structure psychologique telle que celle induite par le tsinyet le todydes Malgaches, mais aussi à l'attitude des Indiens du Mexique devant Cortès). L'analyse de Mannoni ne pouvait qu'être mal reçue quand le feu prenait à tous les horizons de l'Empire colonial français et que la revendication de l'indépendance absolue était partout à l'ordre du jour.Mais aujourd'hui qu'on n'en finit pas de sortir de l'époque post-coloniale, le livre de Mannoni (il a été réédité en 1984, sous un titre faisant heureusement référence à La Tempêtede Shakespeare) ouvre peut-être quelques pistes pour penser les affrontements de cultures.<br /><br />Avant de devenir le penseur controversé de la colonisation, Mannoni avait donné aux revues malgaches quelques poèmes solidement versifiés (où l'on peut entendre parfois comme un lointain écho de Saint-John Perse)"<br /><br />Après la guerre il a été rappelé d'urgence en France pour avoir osé suggérer d'accorder l'indépendance à Madagascar, mais le reste me semble exact.<br /><br />Cela ma fait songer aux mots comme racisme, antisémitisme, agisme, homophobie, qui me smeblent etylémogiquement bizarre.<br /><br />Le semitisme, c'est adhérer a la théorie d'un peuple sémite, dont les juifs et les arabes font partie. C'est bien le sens du suffixe isme en français, non ?<br /><br />Homophobie est le sommet. (Evidemment c'est lié avec le Nègre c'est la peur que ...).<br /><br />On a μισέο qui est haïr l'opposé de φιλέο aimer. On utilise bien filéo, philatélie.<br /><br />On utilise aussi misséo: misogyne.Mais dans un sens qui est qui n'aime pas, pas qui haît.<br /><br />La haîne et la peur. <br /><br />Faut creuser.not dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-1125822772474579492005-09-04T10:25:00.000+02:002005-09-04T10:32:52.516+02:00Wikipedia.Permettez quelques réflexions sur Wikipedia, qui est à mon sens un bon exemple d'où mènent trop souvent les bonnes intentions, l'enfer en est pavé.<br /><br />1°) Contrairement au plus connu, populaire, complexe et utilisé des logiciels libres, Linux le fait qu'il n'y ait pas de coordinateur (Linus Torvalds pour Linux) qui donne le "OK" final à la sortie diffusion d'un noyau (kernel), ou d'équipes de projets qui avalisent les diffusions de nouvelles versions comme pour Apache ou sendmail montre,<br />démontre, l'utilité de cette démarche de validation de la diffusion.<br /><br />En ce sens dire que Wikipedia est l'exemple suprême du libre appliqué au domaine de la connaissance, mon Dieu, ce serait un peu comme dire, oui je force le trait ce qui n'est pas du tout dans mes habitudes, que l'anarchie est le modèle ultimede la démocratie.<br /><br />Il est vrai qu'au train ou vont les choses je finis par me demander si l'on n'a pas atteint les limites du modèle, la phrase du président Iranien "nous n'avons tout de même pas fait la révolution pour avoir la démocratie" pour provoquante qu'elle ait pu apparaître doit pousser à la réflexion, qui est assez éclairée si l'on se réfère au façonnage politique du proche et du moyen orient dans la période 1910 1945. Je pense que T.E. Lawrence et Louis Massignon (qui avaient des visions co traires) avaient devinés ce qui allait se passer par la suite.<br />(Voir, par exemple Louis Massignon, Le Cheik admirable, aux éditions le capucin pour la seconde édition, ou Massigon chez Plon pour la première édition, de Christian Destremau et Jean Moncelon, et Lawrence en Arabie d'Henri Laurens chez découvertes Gallimard). (Le pétrole, encore et toujours. Les dramatiques évènements liés au cyclone Katrina montrent aussi la fragilité de la mondialisation, une désorganisation de la production du pétrole a d'énormes conséquences. Mais rassurons nous la calotte glaciaire fondant, de nouveaux champs pétrolifères vont pouvoir être mis en exploitation, ce qui va nous permettre d'accélérer un peu plus le réchauffement de la planète, donc de la disparition de la calotte glaciaire et on boucle. )<br /><br />Nous savons tous que l'importance et le prestige des revues scientifiques tient à leurs communauté de relecteur, et qu'il est certain domaines d'ailleurs ou l'on pourrait désormais totalement se passer des éditeurs-imprimeurs, en particulier les<br />mathématiques: les outils de typographie comme TeX/ LateX, l'adoption d'Unicode par Windows XP, les polices libres de droit, n'en font pas une utopie. D'ailleurs sur ce point, voir que les cahiers de Srinivasa Ramanujan, décédé en 1920, donc tombés dans le domaine public sont vendus 100 € chaque par un éditeur scientifique monopolistique bien connu me fait mal au coeur, il s'agit de trésor de l'humanité et une mise en page accompagnée de quelques notes semblent en prolonger la propriété, les scannerai-je donc et les mettrai-je sur internet me rendrait vraisemblablement coupable aux yeux de la PLI/PLA etde la protection du droit d'auteur.<br /><br />En passant la notice nécrologique sur Ramanujan parue dans les annales de la société mathématique britannique est disponible sur gallica: http://gallica.bnf.fr/document?O=N056192 (Proceedings of the Royal Society, 1921, 99, p. XII-XXIX.).<br /><br />Donc Wikipedia modèle du libre, non. Modèle des limites et dangers des bons sentiments, oui.<br /><br />2°) J'ai consulté Wikipedia pour me re-faire une idée sur quatre sujets que je connais un peu.<br /><br />Hépatite C: deux erreurs majeurs (utilisation des préservatifs, réversibilité des effets secondaires dus au traitement à l'arrêt de celui ci). Ce n'est pas ce que disent les désormais assez nombreuses conférences mondiales de consensus sur le sujet.<br /><br />(D'autres erreurs confusion entre la phase chronique et la phase aiguë, et al).<br /><br />Plus grave à mon sens dans la démarche, il y a deux liens externes qui ont le mérite de préciser la date de publication, mais soit on fait une démarche de mettre une bibliographie (ce qui est tout de même un minimum dans un article de vulgarisation scientifique), elle ne peut être exhaustive, mais ne peut se résumer à deux liens !<br />Par exemple les conférences de consensus sont en ligne, datés.<br /><br />Biographie d'Octave Mannoni. S'il est bien fait référence à son livre "psychologie de la colonisation" la controverse et les critiques de sa position faites par Aimé Césaire et Frantz Fanon sont tout simplement passés sous silence.<br /><br />Cela n'a aucune importance sauf à laisser penser que sa position fut favorablement accueillie comme une avancée majeure de la compréhension du phénomène d'un point de vue psycho-ethno-machin logique.<br /><br />Biographie de Maud Mannoni: L'Ecole de Bonneuil n'a jamais été fondée avec son mari.<br /><br />L'article sur Jung passe sous silence la période 1933-1937 ou il fut à la tête de la société de psychanalyse allemande, et sa phrase: "nous exigeons de tous nos membres qu'ils aient scientifiquement lu "Mein Kampf"<br />et l'accepte comme base."<br /><br />(Dans Linguing Shadows, Shambreal, Boston & London, 1991<br /><br />il est précisé que la phrase:<br /><br />"the society expects all members who work as writers or speakers to work through Afolf Hitler's Mein Kampf with all scientific efforts and accept it as a basis" est bien parue dans l'édition INTERNATIONALE de la société dont Jung avait la présidence, dans son édition de décembre 1933.<br /><br />Sur l'anti-sémitisme de Jung, le onzième congrès international des psy Jungiens (IAAP) qui a eu lieu à Paris en 1989, conclut:<br /><br />There was general acceptance that his (Jung) behavior was anti-semitic. I think it is clear it has taken Jungians collectively fifty years to begin the process in earnest. Jérome S Bernstein, juif psy jungien.<br /><br />Ils appellent l'Ecole Jungienne de Zurich à un devoir de mémoire.<br /><br />Bon, pis Jung n'aimait pas non plus les cathos, dans les archives de la bibliothèque de médecine de Countway à la faculté de médecine de Harvard, on trouve des entretiens avec Jolande Jacobi dans la revue ABJ (archives biographiques de Jung du 23 décembre 1989): "Jung m'adressa une lettre furieuse en apprenant ma décision de me<br />convertir au catholicisme. Personne n'a sa place auprès de moi qui est dans l'Eglise. Vous y avez votre confesseur. Je suis pour les gens qui sont hors de l'Eglise."<br /><br />Je me suis arrêté la.<br /><br />Donc a mon sens Wikipedia est à l'image de l'internet, on y trouve tout et n'importe quoi.<br /><br />On y trouve la possibilité de ré-écrire l'histoire, de ne véhiculer que l'histoire officielle, etc.<br /><br />Si l'étymologie vient du grec (ἑγκύκλιος παιαδεία) pour ensemble constituant une éducation complète, on ne peut vraiment pas dire qu'en ce sens ce soit une encyclopédie, sauf à re-considérer l'éducation comme un formatage de temps<br />de cerveau disponible.<br /><br />Tout cela est assez rassurant: on ne peut pas encore se passer de comité de rédaction, de ligne éditoriale, de validation scientifique. De la même manière que la recherche "plein texte" à part apporter plein de bruit n'a pas de sens pour une bibliothèque raisonnée (et pas un amas de livres).<br /><br />Et ce n'est pas l'idée (qui la encore part d'une bonne intention) du Web Sémantique de Tim Berners-Lee (voir http://www.urfist.cict.fr/lettres/lettre28/lettre28-22.html) qui va arranger les choses.<br /><br />Voilà ce que c'est de se réveiller tôt un dimanche, on a des humeurs ...not dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-1124620407861654692005-08-21T12:24:00.000+02:002005-08-21T12:33:27.866+02:00Lacan, Saint Jean et le Discours de Rome.<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7617/423/1600/rome.jpg"><img style="cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7617/423/320/rome.jpg" border="0" alt="" /></a><br /><br /><br />C'es marrant de voir que Lacan qui cite:<br /><br />Τὴν ἀρχὴν ὅ τι καὶ λαλῶ ὑμῖν; (Ce que je ne cesse de vous dire depuis le commencement.) Prétentieux, tout de même ! Dit que c'est en Jean VII 25, alors que c'est VIII 25.<br /><br />Alors que Jean VII 25 c'est: Οὐχ οὗτός ἐστιν ὃν ζητοῦσιν ἀποκτεῖναι; (N'est-ce pas la celui qu'ils cherchent à faire mourir ?). <br /><br />Lol.not dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-1123151372124432792005-08-04T12:25:00.000+02:002005-08-04T12:29:32.123+02:00Art inuit.<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7617/423/1600/DSCN0081.jpg"><img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7617/423/400/DSCN0081.jpg" border="0" alt="" /></a><br />Définition de l'âme: "Ice Fisherman" de Manual Lethbridge.not dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-1123007554796167122005-08-02T20:30:00.000+02:002005-08-04T12:25:47.956+02:00Regardez bien les effets de lumière !L'oeuvre est de : http://www.ulrikebolenz.de/ devant laquelle je me suis pris en photo.<br /><br /><br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7617/423/1600/DSCN0075.jpg"><img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7617/423/320/DSCN0075.jpg" border="0" alt="" /></a>not dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-1122321279973034092005-07-25T21:52:00.000+02:002005-07-25T21:55:49.866+02:00Enfin retrouvé cet article de "La Recherche"Avoir cédé mes droits à l'éditeur était une grave erreur !<br />Le vla.<br /><br />Surf médical d'un patient éclairé<br />Muni d'une connexion Internet, d'une bonne connaissance de l'anglais et d'un solide bon sens, tout patient atteint d'une grave maladie chronique a désormais la possibilité de dépasser son angoisse en surfant sur le Web. Illustration vécue...<br /><br />Un check-up de routine ayant révélé des anomalies biologiques, vous ressortez de chez votre généraliste avec une ordonnance d'échographie du foie, et de sérologie HVA, HVB, HVC, HIV et cytomégalovirus. Le résultat d'analyse est sibyllin : « Anticorps anti-hépatite C (réac-tif ortho Y génération et réactif murex) : recherche positive (la recherche de l'ARN viral par biologie moléculaire peut-être indiquée). » Votre médecin vous dit alors : a Vous allez appeler le professeur Thierry Poynard, à la Pitié. Il ne vous donnera un rendez-vous que dans quelques mois. Il n'y a pas de risque à court terme, mais il vaut mieux être soigné par une équipe de pointe. On va sans doute vous faire une biopsie du foie et vous proposer un traitement par interféron.' L'information essentielle reste à délivrer : a L'hépatite C est une maladie qui évolue sur le long terme, elle se termine dans 25 % des cas par un carcinome hépatique, suivi d'un coma d'environ trois mois, et la mort. D<br /><br />Là, l'inquiétude vous gagne franchement. Vous prenez<br />immédiatement rendez-vous à la pitié et, en attendant les trois mois de rigueur, décidez d'utiliser votre connexion Internet pour essayer d'en savoir plus. En interrogeant votre moteur de recherche favori, vous arrivez sur le site « Euroliver » où vous apprenez que ce virus est à simple brin, de polarité positive, d'environ 9 400 nucléotides, qu'il mesure de 50 à 60 nm de diamètre et que son poids moléculaire est de 4 106 dal-tons. Lorsque vous lisez qu'il code pour un grand polypeptide de 3 010 ou 3 011 acides animés, et qu'il comporte au moins six génotypes, vous sentez que vous avez eu tort de ne pas avoir suivi d'unité de valeurs de biologie à l'université. Puis vous tombez sur un site du<br />département de l'énergie américain, où l'on vous<br />explique tout ce qu'un honnête homme doit savoir it sur l'ADN, le génome humain, la manière dont un<br />virus agit. Certes, la lecture est ardue, mais elle vaut<br />la peine. Vous commencez à entrevoir les tech-<br />niques liées à l'ADN recombinant, et vous décou-<br />vrez une sorte de bibliothèque en ligne contenant énormément d'articles de revues médicales professionnelles. Cela vous donne l'idée de taper le mot clé « Poynard ». Vous n'êtes pas déçu, le professeur avec qui vous avez rendez-vous publie beaucoup sur cette maladie, et dans les plus grandes revues.<br />En quelques jours, vous avez découvert ce qu'était cette maladie et quel était le protocole de consensus pour la soigner. Vous décidez alors d'avoir le point de vue de vos collègues, les malades! Premier point qui vous inquiète : la biopsie du foie. En fouinant un peu sur un site de Geocities, vous apprenez que cet examen « de<br />routine » provoque un décès sur 10 000 actes et que, dans 1 % à 5 O/o des cas, on souffre d'une douleur dans le bras gauche comparable à la douleur provoquée par un infarctus du myocarde. Vous découvrez ensuite un excellent site canadien, tourné vers le grand public, puis le site dédié à l'hépatite C du centre des maladies infectieuses d'Atlanta, qui vous tient au courant des dernières évolutions, en complément du site de l'Américan Liver Foundation<br />Vous trouvez enfin une liste de discussion sur cette maladie, ce qui vous permet de dialoguer avec vos col-lègues d'infortune, d'apprendre les trucs qu'ont les uns ou les autres pour diminuer les effets secondaires du traitement, en bref, de vous soutenir le moral. Vous convainquez votre généraliste de vous prescrire un génotypage du virus et une PCR quantitative. Fort de votre nouvelle érudition, vous ne résistez pas au plaisir de lui dire que, techniquement parlant, il s'agit d'une reverse PCR qui utilise comme amorce la région 5'non codante du génome!<br />Lors de votre rendez-vous à l'hôpital, le médecin vous explique donc ce que vous savez déjà. Lorsque vous lui glissez : ¢ Ne pensez vous pas que, dans le cas d'un génotype 1B, l'interféron d'Amgen donne de meilleurs résultats que l'alpha-2b? », vous sentez immédiatement qu'il a compris que vous aviez bossé le sujet que vous voulez vous en sortir, et qu'on ne vous fera pas croire n'importe quoi. Vous pouvez alors discuter (d'égal à égal serait fort prétentieux) de la meilleure approche thérapeutique pour votre cas. Vous en profitez pour demander la morphine avant la biopsie et pas après...<br />Aujourd'hui, le malade ne parlant pas l'anglais n'aura malheureusement pas accès à toutes ces informations. Et, sans doute plus grave, l'utilisateur d'Internet qui n'a pas le réflexe du journaliste de vérifier ses sources va tomber sur des sites décrivant des traitements qui, au mieux, s'affirment plus efficaces que le protocole de consensus, au pire promettent une guérison à 100 % avec un traitement inconnu.<br />LInternet est en passe de révolutionner la médecine, obligeant les médecins à se recycler (pour ceux qui ne le feraient pas) sous la pression des malades qui ' peuvent désormais suivre en direct une conférence de consensus, qu'elle ait lieu à Paris, Montréal, Washington ou Tokyo. Restera un grand effort d'éducation à entreprendre, pour expliquer à nos enfants que ce n'est surtout pas parce qu'ils l'ont « vu sur Internet » que c'est vrai. Il va nous falloir plus que jamais apprendre à distinguer le vrai du faux. Bruno Mannoninot dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-1120748753641869932005-07-07T16:33:00.000+02:002005-07-07T17:05:53.700+02:00Convergence fixe/mobile ...Bon, la convergence fixe/mobile sur smartphone c'est parti après les annonces de BT et de FT.<br /><br />Maintenant la question a quelques milliards d'€ c'est qui va gagner entre:<br /><br />Symbian, palm, RIM, Microsoft, Linux ?<br /><br />Des pistes, pas très scientifiques, mais bon.<br /><br />FT se plantant systématiquement (désolé Jean-Noël) on doit penser que Microsoft, bof, ca va pas le faire. L'offre de FT résidentielle basée sur sa boi-boîte on sait plus combien de play va falloir dire, comme en Egypte, hein, les grenouilles, les mouches, les sauterelles. Mais bon Pharaon a bien fini par céder.<br /><br />Palm ? Non. Je le sens pas du tout. Pourquoi. Parce que, la.<br /><br />Symbian non plus. Trop de part de marchés, la ! Et une OPA de Nokia, une mauvaise stratégie, la sur-segmentation du marché n'est plus de saison.<br /><br /><i>"Nous sommes à la croisée des chemins"</i>, explique Simon Garth vice-président marketing. <i>"Notre perception est simple: les gens ne veulent pas de combinés tout-en-un. Pour chaque usage, il y aura un mobile spécifique. La convergence va se développer mais le marché demandera de la personnalisation"</i>.<br /><br />Jusqu'a présent, perso, je ne voulais pas de combiné tout en un, qui alourdit les poches après avoir délesté le portefeuille. Mais bon, RIM/Blackberry fait un tabac. Et l'utilisateur final a presque toujours raison ...<br /><br />Linux ? Nan, nan, nan. Autant Linux est bien sur les boites plaies-d'Egypte-play genre Livebox, les développements nécessaires mais <i>c'est juste un O.S."</i>, prévient immédiatement Simon Garth. <i>"Il faudra du temps pour développer une alternative sérieuse et homogène. Ce développement exigera des coûts importants. Ceux qui pensent que Linux est gratuit se trompent gravement"</i>. Pan sur le bec!<br /><br />Da'illeurs Palm dont les parts de marché sur ce créneau viennent de chuter de 20 à 10% en un an, PalmSource a même décidé d'abandonner le développement de Cobalt 6.1, son nouvel OS destiné aux 'smartphones' haut de gamme et de miser sur des plates-formes dérivées de Linux.<br /><br />Perseverare diabolicum.<br /><br />Mickey qui bouffe a tous les rateliers très énervé par RIM fait comme d'hab: <i>"L'extension des fonctions de messagerie instantanée depuis le PC avec Microsoft Office Communicator, jusqu'aux systèmes mobiles comme BlackBerry, est un élément essentiel de notre stratégie de communications intégrées. Elle vise à unifier les communications entre les PC, téléphones et systèmes mobiles, afin que chacun puisse communiquer plus facilement et collaborer plus efficacement. Nous sommes impatients d'élargir nos partenariats de développement avec des constructeurs de solutions mobiles comme BlackBerry, afin d'étendre et de renforcer davantage l'intérêt de Live Communications."</i>, explique Gurdeep Pall, vice-président d'entreprise du groupe Real-Time Collaboration chez Microsoft.<br /><br /><i>"Avec Microsoft, nous mettons les avantages de Live Communications Server à la portée des utilisateurs de BlackBerry, et nous renforçons les communications personnelles et professionnelles"</i>, déclare de son côté Jim Balsillie, président et co-CEO de RIM.<br /><br />Moi, maintenant j'en veux un de combiné tout en un.<br /><br />Vais vous dire ce sera un RIM !<br /><br />No hustle.<br /><br />Maintenant que va faire Free ? La stratégie de BT n'est pas conne, il ne sont pas opérateur mobile, alliance avec Vodafone ?<br /><br />Free avec SFR ?<br /><br />Wait.not dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-1120736575788930802005-07-07T13:41:00.000+02:002005-07-07T13:42:55.793+02:00Suite.Des évènements imprévus font que la suite (?) se trouve la:<br /><br />http://sabachtani.blogspot.com/<br /><br />Chut.not dead yethttp://www.blogger.com/profile/17322102142539926194noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7131683.post-1111224447365464372005-03-19T10:26:00.000+01:002005-03-19T10:27:27.376+01:00Un Google Européen ?Un Google Européen pour une bibliothèque numérique virtuelle : une pi